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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 08:00
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 21:58

Zairis--fille-dans-un-jardin-potager.jpg  

Yannis Ritsos offre son enfance à la poésie, il compose un long  poème pour sa soeur Loula parce qu'elle a voulu le protéger des traumatismes familiaux, parce que sa souffrance contenue s'est transformée en folie.

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 12:30

Valias-Semertzidis.jpg

Emprisonné par la Junte militaire grecque, Yannis Ritsos écrit des poèmes clandestinement qu'il dissimule sur tous supports pour les conserver. Dans la note liminaire à l'édition Kedros des Dix-huit petites chansons de la patrie amère, il raconte ...
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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 22:07

 

Besoin d’expression

Avec le temps et la fatigue, les mots meurent aussi – dit-il.
Il ne lui reste rien pour exprimer le rien. Ses doigts
sont devenus très minces. Sa bague tombe. Il l’attache au bout d’une ficelle,
la jette dans le puits, la remonte. Rien. Le puits n’a plus d’eau, ni la ficelle aucun sens. Pourtant le choc de cette bague sur les pierres, c’était comme s’il mesurait quelque chose,
Quelque chose qu’il fallait à tout prix mesurer pour arriver, avec le soir,
au même nombre impair qui est inscrit derrière la porte.

17.XII.67

  

Ανάγκη ἐκφράσης

Μὲ τὸν καιρὸ καὶ κούραση, πεθαίνουν εἶπε κ'οἱ λέξεις.
Τίποτα δὲν τοῦ μένει πιὰ γιὰ νὰ ἐκφράσει τὸ τίποτα. Τὰ δάχτυλά του
ἔχουν λεπτύνει πολύ. Τὸ δαχτυλίδι του πέτφτει. Τὸ δένει στὸ σπάγγο,
τὸ ρίχνει στὸ πηγάδι, τὸ ἀνεβάζει πάλι. Ἐρημιά. Τὸ πηγάδι δὲν ἔχει πιὰ νερό, μήτε κι ὁ σπάγγος νόημα. Πάντως, ὁ χτύπος
ἐτούτου τοῦ δαχτυλίδιοῦ πάνω στὶς πέτρες, σὰν κάτι νὰ μετράει,
κάτι ποὺ θἄπρεπε νὰ μετρηθεῖ, νὰ καταλήξει ὣς τὸ βράδι στὸν ἴδιο περιττὸ ἀριθμὸ ποὖναι γραμμένος καὶ πίσω ἀπ'τὴν πόρτα.

17.XII.67

                                                             
Le mur dans le miroir,
Traduction Dominique Grandmont, Gallimard.
  Ο τοίχος μέσα στον καθρέφτη.

 

 

Cliquez (sur les billes)

 

 

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Biographie (Guy Wagner sur le site de M. Theodorakis)
http://www.ypsilonediteur.com
Biographie sur projethomere.com

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Autres poèmes de Yannis Ritsos sur ce blog :

       Yannis Ritsos : poèmes
       Epitaphe * Un jour de mai, tu m'as quitté
       Και να, αδελφέ μου * Et voilà, mon frère
       Erotika (extraits)

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 07:00

Alekos-Fassianos.JPG

 

Le recueil de poème de Yannis Ritsos vient de paraître en édition bilingue chez Bruno Doucey, traduit en français par Anne Personnaz. C'est un délice, en voici un extrait :

 

Symphonie du Printemps (I)

Je quitterai
le blanc sommet enneigé
qui réchauffait d'un sourire nu
mon infini isolement.

Je secouerai de mes épaules
la cendre dorée des astres
comme les moineaux
secouent la neige
de leurs ailes.

Ainsi un homme, simple et intègre
ainsi tout joyeux et innocent
je passerai
sous les acacias en fleurs
de tes caresses
et j'irai becqueter
la vitre rayonnante du printemps.

Je serai l'enfant doux
qui sourit aux choses
et à lui-même
sans réticence ni réserve.

Comme si je n'avais pas connu
les fronts mornes
des crépuscules de l'hiver
les ampoules des maisons vides
et les passants solitaires
sous la lune
d'Août.

Un enfant.

 

Εαρινή συμφωνία (I)

Θ’ ἀφήσω
τὴ λευκή χιονισμένη κορυφή
πού ζέσταινε μ’ ἕνα γυμνό χαμόγελο
τήν ἀπέραντη μόνωσή μου.

Θά τινάξω ἀπ’ τούς ᾤμους μου
τὴ χρυσή τέφρα τ ῶ ν ἂστρων
καθώς τα σπουργίτια
τινάζουν το χιόνι
ἀπ’ τα φτερά τους.

Ἔτσι σεμνός ἀνθρώπινος ἀκέριος
ἔτσι πασίχαρος κι ἀθῶος
θά περάσω
κάτω ἀπ’ τ ίς ἀνθισμένες ἀκακίες
τῶν χαδιῶν σου
καί θά ραμφίσω
τ πάμφωτο τζάμι τοῦ ἔαρος.

Θά ‘μαι τ γλυκό παιδί
πού χαμογελάει στά πράγματα
καί στόν ἑαυτό του
χωρίς δισταγμό καί προφύλαξη.

Σά νά μή γνώρισα
τά χλωμά μέτωπα
τῶν χειμωνιάτικων δειλινῶν
τίς λάμπες τῶν ἄδειων σπιτιῶν
καί τούς μοναχικούς διαβάτες
κάτω ἀπ’ τή σελήνη
τοῦ Αὐγούστου.

Ἕνα παιδί.

              

Traduction d'Anne Personnaz,
éditions Bruno Doucey, mars 2012.

  Γιάννης Ρίτσος, 1938

 

Tableau en tête d'article d'Alekos Fassianos.

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Editions Bruno Doucey
Le recueil Εαρινή συμφωνία (trois premiers poèmes) en grec

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       Epitaphe * Un jour de mai, tu m'as quitté
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       Erotika (extraits)

yannis-ritsos.jpg

Yannis Ritsos
Γιάννης Ρίτσος (1909-1990)

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 07:28

 

Tasos-matzavinos-1.1.jpg

 

Le secret du clown

Sur les collines, les chapelles vides. En bas, dans le pré, les bœufs, les chevaux, les vignes. Le ciel immobile au milieu des nuages qui changent. Une tache noire, immobile sur le mur, - plus noire dans le miroir. Lui, la gratte avec ses ongles – ses ongles sont mangés. Alors il prend de la peinture et peint le mur en or. Comme par erreur,
il se donne un coup de pinceau sur le nez, sur les joues.
Tout doré maintenant,
il se regarde dans le miroir. Il rit – ses yeux se ferment- ce clown perpétuel (comme nous l'appelons) de la mort, qui cache dans sa poche trois grands clous rouillés.

Samos, 9.X.71

 

 
Traduit du Grec par Dominique Grandmont, in
Le mur dans le miroir et autres poèmes
, Gallimard, 2006.

 

Tableau en tête d'article de Tassos Mantzavinos (Τάσος Μαντζαβίνος)

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 16:00
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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 15:01

Τάσος Μαντζαβίνος2

 

 

Le premier mois, ils interdirent la circulation et les spectacles. Aucun bateau ne parut.
Le cirque fermé, bien sûr, en souffrait plus que nous tous. Un jour,
les deux petits clowns sortirent, dans des habits encore plus larges, tout en losanges,
en losanges multicolores, avec leur nez enfariné et des larmes maquillées;
ils donnaient leur spectacle en pleine rue, et ramassaient la monnaie dans le tambourin;
pourtant personne ne riait. C'est alors qu'eux pleuraient vraiment,
et ils effaçaient leurs larmes maquillées, en se barbouillant le visage.

                                                                                        Un soir,
ils furent arrêtés et, les mains liées, emmenés au grand bâtiment.

                                                                                        Le jour suivant,
à notre réveil, il y avait des nuages ; sur la place, manquaient les tentes, les cages, les roulottes.
Un enfant trouva seulement une fausse barbe trempée sous les arbres.
Et s'en couvrit, en hésitant. " Je vais la garder pour le Père Noël", dit-il.

 
          Samos, 06.02.69
Grilles

Traduit du grec par Pascal Neveu, in Pierres, Répétitions, Grilles, Ypsilon éditeur, 2009
.

Yannis Ritsos a écrit ce poème après avoir été emprisonné puis mis sous résidence surveillée à Samos (dictature des colonels en Grèce de 1967 à 1974).

 

Tableau en tête d'article : Τάσος Μαντζαβίνος (Tassos Madzavinos également orthographié Tasos Matzavinos).

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 06:00

  ----------------------------copie-1.jpg

 

Corps nu

Je tâte les angles de la nuit -
ton coude, ton genou,
ton menton.
Des pierres dégringolent.
Aucun bruit.
Où es-tu ?

La montagne entre dans la maison,
s'assied sur mes genoux.
Le jour fume.
Le vent c'est encore le tien.
Plus au loin rien.

Viennent de plus longues nuits.
Des plantes carnivores
enveloppent la maison,
enveloppent le lit.
Tes lèvres absentes
m'aspirent.

Au centre du vers
toi et toi.
Ta respiration envahit
tous les mots,
tout le silence.

Chacun de tes gestes
a laissé
sur la table,
dans le placard,
sous l'oreiller,
une petite boîte à musique.
J'écoute seul.

Toute la nuit
ton nom
gazouille dans ma bouche,
boit ma salive,
me boit.
Ton nom.

Au téléphone
je t'entends qui jettes
un à un tes vêtements
sur le plancher.
En dernier
ta bague.

Tu prenais le train.
Ne tarde pas – te disais-je.
Plus vite, plus vite.
Et les bouts de tes seins
se durcissaient.

Athènes, 25.XI.80.

      

Γυμνό σῶμα

Ψάχνω τίς γωνιές τῆς νύχτας -
ὁ ἀγκώνας σου, τό γόνατό σου,
τό πηγούνι σου.
Πέτρες κατρακυλοῦν.
Καθόλου θόρυβος.
Ποῦ εἶσαι ;

Μπαίνει τό βουνό στό σπίτι,
κάθεται στά γόνατά μου.
Ἡ μέρα καπνίζει.
Ὁ ἀέρας πάλι δικός σου.
Πιό πέρα τίποτα.

Ἔρχονται πιό μεγάλες νύχτες.
Σαρκοβόρα φυτά
τυλίγουν τό σπίτι,
τυλίγουν τό κρεβάτι.
Τά χείλη σου ἀπόντα
μέ ἀπομυζοῦν.

Στό κέντρο τοῦ στίχου
ἐσύ κ' ἐσύ.
Ἡ ἀνάσα σου γεμίζει
ὅλες τίς λέξεις,
ὅλη τή σιωπή.

Ἡ κάθε σου χειρονομία
ἔχει ἀφήσει
πάνω στό τραπέζι,
μές στό ντουλάπι,
κάτω ἀπ' τό προσκέφαλο,
ἕνα μικρό κιβώτιο μουσικῆς.
Ἀκούω μόνος.

Ὅλη νύχτα
τ' ὄνομά σου
κελαϊδάει μέσα στό στόμα μου,
πίνει τό σάλιο μου,
μέ πίνει.
Τ' ὄνομά σου.

Ἀπ' τό τηλέφωνο
ἀκούω νά ρίχνεις
ἕνα ἕνα τά ροῦχα σου
στό πάτωμα.
Τελευταῖο
τό δαχτυλίδι σου.

Ἔπαιρνες τό τραῖνο.
Μήν ἀργεῖς – σοὔλεγα.
Πιό γρήγορα, πιό γρήγορα.
Κ' οἱ ρῶγες τοῦ στήθους σου
ἔσφιγγαν.

Ἀθήνα, 25.XI.80

 
                                                                                          
    Traduit du grec par Anne Personnaz in  Erotica, ErosOnyx, 2009.     Γιάννης Ρίτσος, συλλογή Τά Ἐρωτικά, 1981.  

Painting at the top of the article / Tableau en tête d'article : Βασίλης Σπεράντζας,  Ζευγάρι.
                                                                                  Vasilis Sperantzas, Couple.

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Ismène de Y. Ritsos au théâtre des Amandiers en décembre 2009

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 21:56
Δογούλης Νίκος ,Ο Γάμος
La Grécité (Ρωμιοσύνη, Romiosini, en grec) dans le dictionnaire français, est définie comme le « caractère de qui est Grec ».

Avec Yannis Ritsos  le terme « Romiosini » prend une autre dimension : c’est le chant de la souffrance des Grecs, celui de leur Résistance. Yannis Ritsos a écrit ce long poème à la fin de la Deuxième guerre mondiale (précisément entre 1945 et 1947 à Athènes), après la chute de la dictature de Metaxas (1941) mais il a été publié seulement en 1954.

En voici un extrait (traduit par Jacques Lacarrière), le premier poème de ce recueil (I).
À la fin du texte, vous trouverez deux parties du poème mis en musique par Mikis Theodorakis (1966), c’est pourquoi ces parties sont en gras (et en couleur) dans le poème (ça ne correspond pas à une version en gras originale).

I.

Aυτά τα δέντρα δε βολεύονται με λιγότερο ουρανό,
αυτές οι πέτρες δε βολεύονται κάτου απ' τα ξένα βήματα,
αυτά τα πρόσωπα δε βολεύονται παρά μόνο στον ήλιο,
αυτές οι καρδιές δε βολεύονται παρά μόνο στο δίκιο.
Eτούτο το τοπίο είναι σκληρό σαν τη σιωπή,
σφίγγει στον κόρφο του τα πυρωμένα του λιθάρια,
σφίγγει στο φως τις ορφανές ελιές του και τ' αμπέλια του,
σφίγγει τα δόντια. Δεν υπάρχει νερό. Mονάχα φως.
O δρόμος χάνεται στο φως
κι ο ίσκιος της μάντρας είναι σίδερο.
 
       

I.

Ces arbres ne peuvent se rassasier de moins de ciel,
Ces pierres ne peuvent se rassasier sous les pas étrangers,
Et ces hommes ne peuvent se rassasier que de soleil,
Et ces cœurs ne peuvent se rassasier que de justice.

Ce pays est aussi dur que le silence,
Il serre contre son sein ses dalles embrasées,
Il serre dans la lumière ses vignes et ses olives orphelines,
Il serre les dents. Il n’y a pas d’eau. Seulement de la lumière.
Le chemin se perd dans la lumière.
Métal est l’ombre de l’enclos.

Mαρμάρωσαν τα δέντρα, τα ποτάμια κ' οι φωνές μες στον ασβέστη του ήλιου.
H ρίζα σκοντάφτει στο μάρμαρο.
Tα σκονισμένα σκοίνα.
Tο μουλάρι κι ο βράχος. Λαχανιάζουν. Δεν υπάρχει νερό.
Όλοι διψάνε.
Xρόνια τώρα.
Όλοι μασάνε μια μπουκιά ουρανό πάνου απ' την πίκρα τους.
Tα μάτια τους είναι κόκκινα απ' την αγρύπνια,
μια βαθειά χαρακιά σφηνωμένη ανάμεσα στα φρύδια τους
σαν ένα κυπαρίσσι ανάμεσα σε δυο βουνά το λιόγερμα.

Tο χέρι τους είναι κολλημένο στο ντουφέκι
το ντουφέκι είναι συνέχεια του χεριού τους
το χέρι τους είναι συνέχεια της ψυχής τους -
έχουν στα χείλια τους απάνου το θυμό
κ' έχουνε τον καημό βαθιά-βαθιά στα μάτια τους
σαν ένα αστέρι σε μια γούβα αλάτι.
 

Ces arbres sont devenus pierre et les rivières et les cris dans la chaux du soleil.
La racine se heurte au marbre.
Chênes empoussiérés.
Ce mulet. Ce rocher. Haletants. Il n’y a pas d’eau.
Tous ont soif, depuis des années.
Tous mâchent une bouchée de ciel au-dessus de leur amertume.
Leurs yeux sont rouges à force de veiller,
Une ride profonde gîte entre leurs sourcils
Comme entre deux collines, au crépuscule, un fin cyprès.

Leur main est rivée au fusil
Leur fusil prolonge leur main
Leur main prolonge leur âme.
Sur leur lèvre habite la colère
Et le chagrin luit au fond de leurs yeux
Comme une étoile au fond d’un creux de sel.
Όταν σφίγγουν το χέρι,
ο ήλιος είναι βέβαιος για τον κόσμο
όταν χαμογελάνε,
ένα μικρό χελιδόνι φεύγει μες απ' τ' άγρια γένεια τους
όταν κοιμούνται,
δώδεκα άστρα πέφτουν απ' τις άδειες τσέπες τους
όταν σκοτώνονται,
η ζωή τραβάει την ανηφόρα με σημαίες και με ταμπούρλα.
  Quand ils serrent les poings,
Le soleil est certain pour le monde
Quand ils sourient,
Une petite hirondelle s’échappe du buisson de leur barbe
Quand ils dorment,
Douze étoiles tombent de leurs poches vides
Et quand on les tue,
La vie grimpe la pente avec tambours et drapeaux.

Tόσα χρόνια όλοι πεινάνε, όλοι διψάνε, όλοι σκοτώνονται
πολιορκημένοι από στεριά και θάλασσα
έφαγε η κάψα τα χωράφια τους
κ' η αρμύρα πότισε τα σπίτια τους
ο αγέρας έρριξε τις πόρτες τους και τις λίγες πασχαλιές της πλατείας
από τις τρύπες του πανωφοριού τους μπαινοβγαίνει ο θάνατος
η γλώσσα τους είναι στυφή σαν το κυπαρισσόμηλο
πέθαναν τα σκυλιά τους τυλιγμένα στον ίσκιο τους
η βροχή χτυπάει στα κόκκαλά τους.

Πάνου στα καραούλια πετρωμένοι καπνίζουν τη σβουνιά και τη νύχτα
βιγλίζοντας το μανιασμένο πέλαγο όπου βούλιαξε
το σπασμένο κατάρτι του φεγγαριού.

Tο ψωμί σώθηκε, τα βόλια σώθηκαν,
γεμίζουν τώρα τα κανόνια τους μόνο με την καρδιά τους.
T όσα χρόνια πολιορκημένοι από στεριά και θάλασσα
όλοι πεινάνε, όλοι σκοτώνονται και κανένας δεν πέθανε
πάνου στα καραούλια λάμπουνε τα μάτια τους,
μια μεγάλη σημαία,
μια μεγάλη φωτιά κατακόκκινη
και κάθε αυγή χιλιάδες περιστέρια φεύγουν απ' τα χέρια τους
για τις τέσσερις πόρτες του ορίζοντα.            
 

Depuis tant d’années, tous ont soif, tous ont faim, tous sont tués.
Assiégés par terre et par mer
La chaleur a dévoré leurs champs
Le sel imprégné leurs maisons
Le vent a jeté bas leurs portes et les pauvres lilas de la place
La mort entre et sort par les trous de leur uniforme
Leur langue a la rugosité d’une pomme de cyprès
Leurs chiens sont morts avec leur ombre pour linceul
La pluie fouette leurs ossements.

Pétrifiés dans leur guet, ils fument la bouse et la nuit
Scrutant le large déchaîné
Où s’est englouti le mât brisé de la lune.

Le pain s’en est allé, les balles s’en sont allées.
Ils n’ont plus que leur cœur pour charger leurs fusils.
Tant d’années assiégés par terre et par mer,
Tous ont faim, tous succombent mais aucun d’eux ne meurt,
Leurs yeux brillent pendant qu’ils veillent
Et brillent un grand drapeau
Et brille un grand feu rouge,
À chaque aube des milliers de pigeons s’envolent de leurs mains vers les quatre portes de l’horizon.
                                                                               
                              
  Traduction de Jacques Lacarrière, Grécité, Fata Morgana, 1976
Sang by Grigoris Bithikotsis
Video : jimakos61 (ευχαριστώ).


Όταν σφίγγουν το χέρι (Quand ils serrent les poings) :

Sang by Grigoris Bithikotsis
Video : SmileLikeYouMeanIt88 (ευχαριστώ).

2009 est l'année centenaire de la naissance de Yannis Ritsos (1909).
La Grèce a multiplié les hommages notamment lors de ce concert le 10 juin 2009 au theâtre  (ou odeon) Herode Atticus d'Athènes (video suivante).
Vous verrez Mikis Theodorakis (84 ans), les chanteurs Dimitris Basis, Nena Venetsanou, Kalliopi Veta, et Alexandros Hatzis :


Painting at the top of the article by/Tableau en haut de l'article :
                                                                                      Νίκος Δογούλης : Ο Γάμος (1979).
                                                                                      Nikos Dogoulis : Le mariage
(1979).

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