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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 08:00

Katerina-Fotinaki.jpg

Mon jeudi noir s'est éclairé dans cette soirée du 6 février, au concert de Katerina Fotinaki, comme si la vibration de toutes ces cordes, de la voix au violon, de la guitare à la harpe, éloignait comme des vagues les tourments.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 19:30

Alexiou-affiche.jpg

– Alors c'était bien le concert de Haris Alexiou avec son Nouveau Sextet ?

- καταπληκτική (katapliktiki) !

- Quoi, la cata ?

- Prodigieux ! C'était très beau, très vivant et très émouvant !

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 05:30

papakonstantinou.JPG

 

Le chanteur grec Vassilis Papaconstantinou a donné une série de concerts cet été. Je l'avais vu l'année précédente en juillet 2010 à Nestorio.

Quand il est arrivé sur scène, la foule avait déjà savouré quelques douceurs jouissives avec Socratis Malamas. À peine s'était-elle remise de ses feux que Vassilis Papaconstantinou relançait les ébats, clamant en hochant la tête, à ses fans bien aimés qui hurlaient de plaisir : « κάνουμε έρωτα! » (« kanoume erota » :« nous faisons l'amour ! »).

 

The Greek singer Vassilis Papaconstantinou gave a serie of concerts this summer. I had already seen him the previous year in July 2010 in Nestorio.

When he arrived on stage, the crowd had already enjoyed some sweet enjoyment with Socratis Malamas. No sooner had it recovered from his fires that Vassilis Papaconstantinou relaunched the joy, shaking his head while claiming: "κάνουμε έρωτα!" ("kanoume erota": "we make love") at his beloved fans who were screaming with pleasure .

                          
   

papac.jpg

Quelques coups de boutoirs de la batterie, la guitare électrique se mettait à geindre et la foule bondissait avec la houle musicale du rockeur.

Vassilis court, Vassilis saute, il tend ses bras au public, il fait l'oiseau, il est prêt à s'envoler pour plonger dans la multitude. Il expulse sa voix grave et voilée, et en tendre rockeur, laisse son sourire inonder l'espace : c'est une brutale libération de joie et de générosité.

Spasmes et rires, saccades et convulsions, la confusion allait jusqu'à mener quelques uns au brutal pogo (danse où chacun saute et se cogne l'un à l'autre).        
 

Some shots bumpers of the battery, the electric guitar began to moan and the crowd leapt to the rocker's musical swell.

Vassilis runs, Vassilis jumps, he stretches his arms to the public, he plays the bird, he is ready to fly and dive into the crowd. He expelled his deep and veiled voice, and as the soft rocker he is, let his smile flood the space: it is a sudden release of joy and generosity.
Spasms and laughters, jerks and convulsions, the confusion would lead some people to some brutal pogo (dance where everyone jumps and bumps to each other).

       

Οι ψυχές και οι αγάπες (i psyches kai i agapes : Les âmes et les amours) - extrait d'un autre concert .
Je ne suis pas sûre qu'il ait chanté cette chanson pendant le concert de Nestorio mais la video (de qualité) donne une idée assez juste de l'ambiance d'un concert de Vassilis Papaconstantinou.
This video is not from the same concert.

Même si Vassilis Papaconstantinou est exubérant (sur scène), on ressent parfois aussi une certaine humilité chez lui. Lorsque le rythme ralentit, la foule scande avec la cadence des manifestants « Βασίλη, ζούμε για να σ' ακούμε ! » (« Vassilis zoume ia na s'akoume » : « Vassilis nous vivons pour t'écouter ») remplaçant les applaudissements. Vassilis est habitué, ce slogan est souvent chanté par ses fans, mais cet été là de 2010, la Grèce avait été l'objet d'un lynchage médiatique, alors le slogan pour Vassilis prenait un autre sens. Et la fusion entre le chanteur et la foule était consommée.    Even if Vassilis Papaconstantinou is exuberant (on stage), sometimes you feel a certain humility in this man. When the rhythm slows down, the crowd chanted stepping the cadency of the protesters 'Βασίλη, ζούμε για να σ' ακούμε"("Vassilis Zoume ia na s'akoume ":" Vassilis we live to listen to you") as if it replaced the applauses. Vassilis is used to it, this slogan is often sung by fans, but that summer of 2010, Greece had been the subject of a media lynching, so the slogan for Vassilis meant something else. And the merger between the singer and the crowd was consumed.
                            
 

 

Video : iocastis
Μπολέρο (Boléro)

 

Enfin, il a laissé chacune de ses choristes chanter seule l'une après l'autre. Un ensemble assez inégal de personnalités et de voix très différentes.

  

Finally, he left each of his chorus girls sing alone one after the other. A chorus with different personalities and very different voices.

 

Γέλα μου (Yela mou : Souris-moi). Video : iocastis

 

Video : iocastis
La mama, une chanson de Charles Aznavour,
en grec (musique de C. Aznavour, paroles grecques d'Odysseas Ioannou (Οδυσσέας Ιωάννου) .

 

  Photos : internet

All the videos are different from the concert I've seen.

Liens / Links

Website de Vassilis Papaconstantinou

Βασίλης Παπακωνσταντίνου (Wikipedia)

Sur ce blog, voir les videos (les poètes chantés par Vassilis) :

    Nikos Kavvadias : Un chauffeur noir de Djibouti
    Kostas Karyotakis : Preveza * Πρεβέζα
    Nikos Kavvadias : Un couteau * ένα μαχαίρι

Vassilis Papaconstantinou et Tania Tsanaklidou à Syntagma : soutien aux Indignés
Traduction des chansons de Vassilis Papaconstantinou sur projet homère

   

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 22:11
A. Ionatos et Katerina Fotinaki
Il y a des vins longs en bouche et des concerts au magnétisme rémanent, un an après je peux parler du concert d’Angélique Ionatos et de Katerina Fotinaki. Elles reviennent à Paris au théâtre de l’Atelier pour un concert le 22 février 2010 à 20h30 ("Comme un jardin la nuit"), après plus d’un an de tournée en France et à l'étranger.

Deux conteuses accompagnées de leur lyre (on dit « guitare » aujourd’hui) avancent sur scène pieds nus dans de longues robes noires moirées adoucies d’un châle rouge foncé et s’assoient devant nous, pour raconter. Derrière est tendu un rideau "d’un bleu très noir" aux reflets violets. Angélique Ionatos traduit en français l’essentiel des paroles de chaque chanson avant de les interpréter, avec toujours cette tendre attention pour les auditeurs, mêlée parfois d’un peu de condescendance amusée à cause de leur ignorance du grec.

Les yeux ronds d’Angélique Ionatos, ses deux perles noires un peu lointaines, son visage blanc coiffé de boucles noires perlant autour de la tête, lui donnent un regard de fresque un peu froid, c’est la Sappho de Pompei qui s’est détachée du mur pour sortir prendre l’air dans un jardin la nuit. Il y a une douce fermeté chez elle, comme on aime souvent ces caractères qui vous donnent une bonne assise dans des draps bien chauds.

Katerina Fotinaki est grande, d'une solide stature, large d’épaules, une korè grecque sortant de l’eau, une sirène d’argent, rayonnante et sombre. Noire est sa paupière, blanc son visage, noirs ses cheveux tirés et plaqués, un sourire diffus illumine ses lèvres, son regard est dense, concentré.

Sa voix survole et frôle lorsque celle d’Angélique Ionatos résonne gravement, et lorsqu’elle chante a capella « giati pouli den kelaidis ? » -pourquoi [ne chantes-tu pas] mon oiseau ?-,  elle est cristalline, tendue, elle nous entraîne pour filer entre les cimes grecques. La voix tanique d’Angelique Ionatos soutient un chant qui ressemble à une sourde plainte mais pas écorchée vive.

Cordes et vent - accordées, elles déploient toutes les textures de leur voix, toutes les couleurs de leurs cordes, on entendra aussi l’harmonica et les percussions à la guitare. Toucher net, épurer les notes, les arrondir ou leur donner des angles, cisailler.

 

Video : festivalaufildesvoix
Ε σεις στεριές, Vous les terres

On se laissera bercer de musiques qui enveloppent l’oreille dans un beau tissu lourd aux couleurs chaudes, damassé.

Dans le silence qui précède le début d’un morceau, on est comme suspendu, l’oreille aux aguets, prêt à laisser glisser des notes de feutre le long du pavillon.

La rigueur, celle d’une formation classique, ce cadre, l’axe qui permet de filer, tisser les notes, donnent à ces musiques ("populaires" ?) une majesté tranquille. Les musiques sont pour la plupart de Manos Hadjidakis, l’un des compositeurs grecs les plus connus, et d'Angélique Ionatos, sur les textes des poètes tels qu'Odysseas Elytis, Nikos Gatsos, ou Sappho.

 

Video : pipinezaki

 

Le tango mnémotechnique, explique Angélique Ionatos, est une création de Katerina Fotinaki, qui, avant de devenir chanteuse professionnelle, enseignait le grec ancien. Elle avait donc créé un morceau pour permettre à ses élèves de retenir les … anatomies paroxytales antonymies prosopicales - προσωπικες αντωνυμιες = prosopikes antonymies, en grec- , c’est-à-dire les pronoms personnels. Un tango en grec ancien, donc. Ce morceau-là est quand même destiné à nous laisser circonspect, on ne comprend rien, « Antonomachin ou prosopitruc, bah c’est pâreil ! », le morceau semble gai, donc on sourit l’air un peu bêta. Mais lorsque dans la salle il y a des hellénistes, ou même des grecs, ça peut déraper. C’est ce qui s’est produit au Triton (aux Lilas) le soir où j’ai assisté au concert. Alors que les premiers mots rebondissaient joyeusement sur les notes en passant inaperçu, que nos deux grandes professionnelles s’amusaient avec brio à l’abri d’une écoute connaisseuse, un rire a tout-à-coup éclaté, là, juste devant, juste devant la scène ! Cet éclat était d’une telle fulgurance qu’il a entraîné une avalanche de fous rires complices au premier rang. C’était un rire surpris qui a secoué d’un coup une grecque très sage et qui a percé la bulle musicale et la tension des deux artistes : Katerina Fotinaki et Angélique Ionatos se sont alors piquées du regard, comme deux fillettes découvertes en flagrant délit  à faire des bêtises ! Elles ont gratté leur guitare, accélérant pour fuir, mais ont été rattrapées par ce rire, qui a pris d’assaut les deux forteresses, comme on éternue frôlé par le vent. Elles cherchaient à se contrôler. Cela n’a pas arrangé les choses. La salle a suivi sans tout à fait comprendre, mais il suffisait d’imaginer simplement que l’on récitait des pronoms personnels sur un tango, « den ehi klediki ! » pour conclure le pas de danse.

Le lendemain du concert, j’émergeais du rêve avec une voix qui me soufflait que la plénitude que j’allais ressentir au réveil serait due aux ondes dionysiennes diffusées la veille. Et j’ai souri en ouvrant les yeux.

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 08:59


 

La grande résonance Alexiou.

Sa voix grave va chercher en profondeur, loin, loin au fond, la résonance. Elle chante sensuellement avec les tripes, le ventre, et même plus bas, du fond des volcans, depuis la cathédrale.
Elle est arrivée sur scène, levant les bras vers la foule, et même un peu en s’étirant, le sourire large, comme un chat qui va se poser là, chez lui, sur la scène.

Elle prend le temps des mots avant la musique. A ceux qui sont proches de la scène, elle adresse un geste, un sourire, un regard, plaisante, en interpelle un comme pour répondre à une apostrophe, emprunte le portable d’un autre en disant « nous sommes en concert » au combiné, avec gentillesse. Elle chante… elle provoque le public parce que les mots « s’agapo » (je t’aime) ne sont pas répétés avec assez de ferveur. Le public obeit.

 
  Haris Alexiou, concert in Kavala (Greece), 08/03

The great resonance of Alexiou.

Her low voice is searching in the abyss of the body, deep, deep the resonance. She sings sensually with the stomach and lower, from the depth of the volcanos, from the cathedral.
She arrived on stage, hands up to the crowd, stretching a little, with a large smile, like a cat who is going to settle down, at home, on the scene.

She takes the time for words before each piece of music. To whom are closed to the stage, she gives a wave, a smile to one, a deep look to another, she is kidding, she calls someone as if she was answering another call, she borrows a mobile phone from another saying “we are in concert” to the receiver, kindly. She sings... she teases the public because the words « s’agapo » (I love you) are not repeated with enough fervor. The public obeys.

  
 

La grande secousse Alexiou, la vague, flux, reflux, les Grecs la suivaient, habitués aux caprices de la mer, complices et en accord avec les orages de ses émotions. Elle s’arrêtait parfois quelques secondes, la voix coupée, comme pour arrêter le débordement. C’était alors comme si elle basculait avec ses larmes et le public la remettait aussitôt en scène par quelques applaudissements d’encouragements, au-devant de la scène.
Reprendre son souffle. Le violoniste, les deux pieds bien en terre était toujours souriant et confiant, lui et tout l’orchestre semblaient discrètement émus, habitués, et là, toujours là, comme un soutien indéfectible quoiqu’il arrive. L’instant où surgit la douleur, son visage se bouleverse, ses gestes se rétrécissent, elle se contracte comme pour faire sortir une forme de cette paralysie, et sa force jaillit d’un coup.
C’est parfois comme si elle allait étrangler la foule. Puis la rage passe...

Sa sincérité bouleverse.
   

The great shake of Alexiou, the wave, the ebb and flow, the greeks followed her, used to the caprices of the sea, accomplice and agreeing with all its storms and its emotions. Sometimes she stopped a few seconds, the voice cut, as if she stopped the overflow. It was as if she was rocking with her tears the crowd carried her soul immediately back on stage with applauses and cheers.
Taking a breath. The violonist, two feet on earth, was still smiling and confident, he and all the orchestra seemed discretly moved, used to it, and there, still there as an indestructible support whatever happens. The instant when the pain is appearing, her face is distressed, her gesture becomes short, and she tenses herself as if she was trying to get rid of this paralysy, then suddenly strengh comes out in once.
Sometimes, it was if she was about to strangle the crowd. Then rage passes...

Her sincerity overthrows.
     

Elle se recomposait en s’éloignant, en allant écouter ses musiciens.
On passait à une autre chanson et elle plaisantait à nouveau, riait avec et aux dépens du public qui en riait lui aussi, et qui la suivait, en haut, en bas, en l’air, en apesanteur, en profondeur.
Les Grecs sont beaux pendant les concerts, leur visage est grand ouvert, épanoui, souriant, apaisé par la voix chaleureuse de Haroula. Ils se balancent doucement, s’enlacent, et chantent.

Je n’ai pas compris ce qu’elle leur disait, j’imaginais ses mots tendres, bousculant, tranchants, émus. J’ai vu des visages se retourner les uns sur les autres avec surprise et gêne finalement emportés par l’enthousiasme, elle possède ses spectateurs, et séduits, leur corps répondait « d’accord, endaxi, comme tu voudras… ».

 

She was recomposing herself in one piece by going away, listenning to her musicians.
Another song played and she was kidding again, laughing with and at the public who laughed about itself as well, and which was following her, up, down, in the air, in weightlessness, in the depth.
Greeks are beautiful during the concerts, their face is wide opened, full blown, smiling, cooled by the warm voice of Haroula. They rock sweetly, clasping eachother, and they sing.

I didn’t understand what she said, I imagined tender words, disturbing, cutting short, moved. I saw some faces turning one to another with surprise and akward but they let themselves go with the flow of enthousiasm, she owns the public, and seduced, their body responded “ ok, endaxi, as you want... ”.

     
Don't try to find anybody behind the smoke, there were nobody yet on the stage.
 

Le pianiste grisonnant à la chevelure romantique, était assez sérieux, beau.
Le contrebassiste et chanteur semblait parfois totalement enfermé sur lui-même comme suspendu au-dessus du concert mais en symbiose avec les autres. Le visage mouvant. Un peu fou…
Le percussionniste aussi était parfois ailleurs, les yeux fermés, le visage enveloppé d’une chevelure longue et bouclée. Il battait, il battait… puis il rouvrait les yeux sur la foule, en battant...
Le guitariste (et bouzoukiste) semblait toujours là pour donner le maximum, casquette sur la tête, prêt à répondre aux demandes de la foule avec tendresse et passion.
Un autre guitariste discret, discret… pardon, je l’ai mal vu.
Lorsqu’elle provoquait le violoniste, il lui adressait quelques miaulements de violon qui amusaient la foule.

Il y a Socrate parmi ses musiciens. A moins qu’elle ne parlait de Socratis Malamas. Elle a chanté une de ses chansons. Socrate, Socrate…

   

The grey headed pianinst, with romantic hair, was very serious, handsome.
The bass player and singer was sometimes totally in himself as if he was hanging above the concert but still in symbiosis with the others. His moving face. A little crazy…
The percussionnist was also sometimes elsewhere, eyes closed, the face with a long curly hair in on. He beated, beated... then he opened his eyes again on the crowd, beating...
The guitarist (and bouzoukist) always seemed there to give the maximum, cap on, ready to answer to the crowd’s demand, with tenderness and passion.
Another guitarist, discreet, so discreet, sorry, I didn’t see him very well.
When she was teasing the violonist, he miaowed at her with his violon, and made people laugh.

There is Socrates amongst her musicians. Or perhaps she was talking about Socratis Malamas. She sang one of his songs. Socrates, Socrates...

     

Elle les a laissé seuls avec le public pendant quelques minutes – à un moment improvisé peut-être ?-, et c’était comme les élèves d’une classe où la maîtresse s’absente de la salle : ils se sont défoncés avec le public. Elle est ensuite revenue hilare, comme si derrière la porte, elle avait tout entendu. Et le concert a rebondi joyeusement, un semi-rire intarissable inondant les musiciens et la chanteuse.

Les rappels (« ki allo !ki allo : une autre ! une autre ! ») ont été trop nombreux. Une femme criait dans mes oreilles « i nefeli, i nefeli » (allusion au tango tis nefelis) d’une voix de crécelle. Je n’arrivais pas à y croire. Ha non ! Pas de Nefeli droit dans mes oreilles comme ça ! Dans les oreilles d’un autre !

Haris Alexiou a préféré chanter une autre berceuse, destinée à aller gentiment se coucher.
 

She let them alone with the public during some minutes – at an unexpected moment perhaps ? – and it was like the pupils of a class where the teacher is gone : they got mad with the public. Then she came back, laughing as if, behind the door, she had heard everything. And the concert rounded happily, an inexhaustible half-laugh stuck on the musicians and the singer face.

The public called her back many times (« ki allo !ki allo : another ! another ! »). Too much. A woman was shouting in my ears “ i nefeli, i nefeli “ (allusion to tango tis nefelis) with a rasping voice. I couldn’t believe it. No ! No Nefeli straight in my ears like this ! In someone else’s ears !

Haris Alexiou prefered to sing another lullaby, in order to go to bed quietly.

     
Όλα σε θυμίζουν Ola se thymizoun
(Tout me fait penser à toiEverything reminds me of you)
Στίχοι/paroles/lyrics : Μανώλης Ρασούλης Manolis Rasoulis
Μουσική/Music : Μάνος Λοΐζος Manos Loïzos
(concert -tribute to Manos Loizos- in Athens, Herode Atticus theater, 2007)
video: ClipMan2008
 

Stéphane le fan.

« Fan » est un mot que l’on déteste, surtout si l’on veut jouer au bourgeois. Et pourtant, même avec le contrôle convenu des émotions, comment nier l’enlèvement ? J’ai été enlevée par Alexiou.

Stéphane, lui, c’est pire.
Comment expliquer cela ? Stéphane, ce n’est pas un enlèvement ou une secousse qu’il a reçue, mais un tremblement de terre.
« Fan » : On voit les femmes hurler devant la scène, s’arracher les cheveux, faire des crises d’hystérie… Non Stéphane ne s’est pas roulé par terre, il n’a pas poussé des cris de furies.

Stéphane, Stéphanos en grec, je l’ai rencontré au camping de Kavala. On avait un peu de mal à communiquer. Je parlais un peu le grec mais je ne comprenais pas ses réponses, ou mal. Il semblait maladroit en anglais, alors je n’osais pas lui parler anglais, du coup, c’était un langage un peu étrange, à base de grec, de langue des signes, d’anglais timide.

 

Stephan, the fan.

« fan » is a word that you can’t stand aspecially if you play the bourgeois. Though, even with the conventional selfcontrol, how to deny the carrying away ? I have been carried away by Alexiou.
For Stephan, it was worse.
How to explain ? For Stephan, it was not just a carrying away or a shake he received, but an earthquake.
“Fan” : you always see women shouting at loud in front fo the stage, rooting up their hair, in a hysterical crisis... No, Stephan didn’t roll on the floor, he didn’t shout like Furies.

Stephan, Stephanos in Greek, I met him in Kavala’s camping. We communicated hardly. I spoke a little greek, but I didn’t understand the answers, or badly. He seemed not at ease in english, so I didn’t dare to speak to him in english, finally, the language we had was a little strange, made of Greek, deaf signs, shy English.

Kavala (North East of Greece)
 

Lorsque je suis arrivée au camping de Kavala, ma voisine s’est précipitée pour m’aider à nettoyer mon emplacement et monter ma tente. Je n’avais rien demandé. Mais c’est comme ça avec les Grecs, quelques fois, il faudrait se cacher pour ne pas être aidé.
Son chaton venait de temps à autre me faire une visite acrobatique (vous savez, les chatons dansent beaucoup, ils jouent avec les mouches, la poussière, les toiles de tentes…). Ma voisine venait alors le chercher et on échangeait quelques mots, en grec.

De l’autre côté, d’autres voisins, un homme fort, à la bedaine fière, l’air patibulaire, étendait des fils d’arbres en arbres pour suspendre ses trois ou quatre cages d’oiseaux devant sa caravane.
Il y avait une demie douzaine de personnes dans chacune de ces familles, hommes, femmes, enfants en bas âge, adolescents d’une vingtaine d’années dont Stéphanos faisait partie. Il passait de l’une à l’autre famille. En fait c’était la même famille. Une famille qui habitait Kavala et qui prenait ses vacances au camping. Plus tard, Stéphanos m’a dit que le manque d’argent ne lui permettait pas de voyager.

Un matin, celui de mon départ, Stéphanos me salue pour la première fois. On échange quelques mots. Je lui explique que je suis venue à Kavala parce que je voulais voir le nord de la Grèce, parce que j’avais vu le film « Topkapi » (quelques scènes se passent à Kavala) avec Mélina Mercouri et parce que j’allais le soir même, assister au concert de Haris Alexiou.
Il m’a tout de suite dit qu’il y allait aussi. Haris Alexiou était son agapiméni (sa chanteuse préférée). Je lui ai indiqué comment obtenir un billet. Il m’a proposé de m’emmener au concert.

 

When I arrived in Kavala’s camping, my neighbour rushed to help me to clean the place and build up my tent. I didn’t ask anything, but sometimes, with Greeks, it’s like that, you should hide if you don’t want to be helped.
Her kitty came sometimes to make an acrobatic visit (you know kitties dance a lot, the play with flies, with the dust, and the canvas of the tents...). So, my neighbour came to catch it and we exchanged some words, in greek.


On the other side, other neighbours, a strong man, with a big belly, with a sinister look, stretched string on the trees in order to hang up three or four birds’ cage in front of his caravan.
There were about six persons in each family, men, women, very young children, teenagers about 20, like Stephanos. He was going from one family to another. In fact, it was the same family. A family who lived in Kavala and took their vacations in Kavala’s camping. Later, Stephanos told me he laked money to travel.

One morning, just when I am going, Stephanos salute me for the first time. We exchange some words. I explain to him that I went in Kavala because I wanted to see the north of Greece, because I saw “Topkapi” (some scene takes place in Kavala) with Melina Mercouri and because I was going, this night, to Haris Alexiou’s concert.
He told me he was going there too. Haris Alexiou was his agapimeni (his favorite singer). I told him how to get a ticket for the concert. He proposed me to go there together.

     
« Topkapi » (1964, by Jules Dassin)
with Melina Mercouri, Maximilian Schell, and Peter Ustinov (here in Kavala)
 

Il s’intéressait à la musique des langues et me demandait si le grec était agréable à entendre. Oui, le grec est musical. Il voulait absolument entendre le Français, une chanson en Français. Malheureusement je n’avais dans mon mp3 que des chansons grecques, la seule chanson française que j’avais («Cette blessure » de Ferré) était chantée par une grecque, Angelique Ionatos. Il adorait le Français. Il voulait l’apprendre. Et il voulait écouter d’autres chansons d’Angélique Ionatos dont il appréciait la voix et qu’il ne connaissait pas. Religieusement, il allait en l’écoutant de « ouaw » en « ouaw ».

Le soir, à cheval sur son scooter,
Nous décollions à 100 à l’heure.
Les cheveux zo vent,
Que m’importait de mourir

Si c’était un train d’en---fer !

J’ai découvert sur le trajet une partie de la ville que je ne connaissais pas, au-dessus de la mer.
Dans les tribunes du stade où avait lieu le concert étaient assises les personnes âgées et les mères de famille avec leurs enfants. Les jeunes (jusqu’à 40-50 ans) étaient devant la scène, debout.
Durant tout le spectacle, Stéphanos était collé à la scène, la bouche bée, la tête en position propice aux torticolis. Le suivre m’a permis d’être au cœur de la foule debout, assez proche de la scène.
A la fin du spectacle, je ne le trouvais plus. Et puis il a suffit d’observer les gens qui attendaient la chanteuse le long des barrières pour le voir. Il parlait avec des Hollandais. Les Hollandais attendaient de pied ferme l’autorisation d’aller voir Haris Alexiou pour prendre une photo avec elle.
Quelqu’un est venu dire qu’elle était fatiguée. Les Hollandais ont insisté. Stéphanos a indiqué qu’une française attendait aussi (eh mais… il parle de moi là ?). J’étais un peu obligée de rester avec lui… Et si elle acceptait, qu’est-ce que j’allais dire, hein ? A la fin d’un concert, on a tant reçu qu’on est sans voix. Trouver les bons mots, c’est difficile, on n’est jamais à la hauteur. Je n’avais pas de fleurs.
Stéphanos, en apprenant qu’il pouvait aller la voir, m’a saisie par la main avec émotion et l’a gardée  comme si on était amant. J’ai un peu fui. Il a lâché ma main puis il est parti en courant comme une souris vers le camion-loge de l’artiste.
Au loin, je l’ai vu s’arrêter devant Haris Alexiou puis il s’est brutalement détourné d’elle comme si un mort s’était levé. Une fraction de seconde, j’ai eu peur : L’uomo di sasso ? L’uomo bianco ? En arrivant près de lui, je l’ai vu éclater en sanglots. J’étais soulagée de voir que Haris Alexiou était BIEN vivante. Stéphanos ne contrôlait plus rien, il tournait sur lui-même en pleurant. C’était touchant et déroutant. Je me suis sentie brutalement alourdie par ses seaux de larmes, ne sachant pas où les poser. Il était resté collé à la scène pendant tout le spectacle aux pieds de la chanteuse, peut-être qu’une larme de Haris Alexiou tombée dans son œil avait-elle déclenché tous ces torrents en lui. C’est un peu « o kiklos tou nérou », le cycle de l’eau... quand la mer se déchaîne, les nuages pleurent. Même l’apparition de la vierge Marie ne l’aurait pas mis dans cet état.

    
He was interested in the music of the languages and asked me if Greek was pleasant to hear. Yes, Greek is musical. He wanted a lot to here French, a song in French. Unfortunatelly, I just had greek songs in my mp3, the only song in French I  had ("Cette blessure" by Ferré) was sung by a greek woman, Angeliki Ionatos. He loved french. He wanted to learn it. He wanted to listen to other songs of Angeliki Ionatos whom he appreciated the voice and didn’t know before. Religiously, he was saying “waow” and “waow” as he was listening to her.

At night, riding the scooter,
We landed off further.
Hairs in the wind
However I could die if it was in

A fast run!

I discovered on the  road a part of the city I didn’t know, over the seaside.
On the steps of the stadium where the the concert took place, old persons, housewives with children were sitting.
Young people (until 40-50 years old) were in front of the scene, upright.
During the whole show, Stephanos was stuck to the stage, mouth wide opened, having the head bent risking a torticollis. Following him was a good thing to stand not far from the stage, upright.
At the end of the show, I didn’t find him anymore. And then, I just had to watch at the people who were wainting for the singer along the fence to see him. He was talking to Dutch people. The Dutch were strongly waiting for the permission to see Haris Alexiou to take photos with her.
Someone came to say she was tired. The Dutch insisted. Stephanos said that a French woman was waiting too (hey... is he talking about me ?). I was obliged to stay with him... And if she accepted, what the fuck would I say ? After a concert, you received so much that you don’t have voice anymore. Find the right words, it’s hard, you are never at the level. I didn’t have flowers.

Stephanos, learning that he could see her, took suddenly my hand with emotion and kept it as if we were lovers. I flew a little. He dropped my hand and ran away like a mouse to the place of the artist.

From far, I saw him stopped in front of Haris Alexiou then turned back from her as if a dead man stood up.
In a second, I was scared : L’uomo di sasso ? L’uomo bianco ? When I arrived close to him, I was him bursting in tears. I felt relieved that Haris Alexiou was WELL alive. Stephanos didn’t control anything anymore, he was turning on himself, crying. It was touching and confusing. I felt suddenly heavy with two buckets of tears, ignoring where to put it. He had stood stuck to the sene during the whole concert at the feet of the singer, perhaps one of Haris Alexiou’s tears dropped in his eye leading Niagara falls. It was a sort of “ o kiklos tou nérou ”, the water cycle... when the sea is growing, the clouds are crying. Even Virgin Mary’s apparition wouldn’t have done the same on him.

Haris Alexiou, aux côtés de son manager avait des allures d’ambassadrice. Souriante, généreuse, le regard profond et tendre. Elle est très belle. Très belle. Son manager (si elle ne l'était pas, elle m'a du moins donné cette impression) était une femme très attentive, calme, filant doucement d’un côté et de l’autre, encadrant l’espace par quelques mots deçi delà, distribuant des cartes pour l’autographe de la chanteuse. Une présence discrète et forte.

Haris Alexiou s’est tournée vers moi : « ia sas ! » comme pour me réveiller. Devant l’urgence de l’état de Stéphanos, j’ai préféré l’orienter vers lui. Elle lui a lancé un « iati klais ? » (pourquoi pleures-tu ?) revigorant. Il s’est effondré « patera mou… » qui semblait répondre à un « mitera mou » que j’avais entendu pendant le concert. Elle l’a pris dans ses bras, il s'est arrêté net de pleurer, et je n’ai pas compris le reste de la conversation… Il avait à peine 17 ans, c’est encore plus dur à cet âge de ranger ses émotions au bon endroit. J’ai ensuite échangé deux ou trois mots avec la chanteuse, en Français parce que j’étais un peu lâche et je savais qu’elle parlait couramment la langue. Stéphanos, encore un peu impatient, voulait une photo avec Haris Alexiou. Il m’a tendu l’appareil, j’ai fait la chose vite. Dans la précipitation, j’ai photographié les pieds. Il a regardé le résultat de la photo. Il a eu un temps d’arrêt. Il n’a rien dit. Il s’est finalement calmé. J’avais dû prendre la photo correctement.

Avant de reprendre le scooter, j’étais encore inquiète. Stéphanos ne disait plus rien. « Siga, siga » je lui indiquais que je préférais qu’il conduise doucement. Il a conduit comme un chef en me ramenant sur sa machine, les cheveux zoo vent…

 

Haris Alexiou, with her manager, looked like an ambassadress. Smiling, generous, with a deep and tender look. She is very beautiful. Very Beautiful. Her manager (if she wasn't, she, at least, gave me this feeling) was a very attentive woman, quiet, stepping slowly from one part to another, squaring the space by words here and there, giving cards for the autographs of the singer. A discreet and strong presence.

Haris Alexiou turned towards me : “ia sas !” as if she was waking me up. In front of the emergency of Stephanos’ state of mind, I prefered to point her his direction. She adressed him a revivifying “iati kles ?” (why do you cry?). He quiet fell in a “i patera mou” which answered a “i mitera mou” that I heard during the concert. She took him in her arms, he suddenly stopped crying, and I didn’t understand the rest of the conversation... He was about 17 years old, it is more difficult at this age to know how to put each emotion in the right place. I exchanged few words with the singer, in French because I was a little coward and I knew she spoke it fluently. Stephanos, still impatient, wanted a photograph with Haris Alexiou. He gave me the camera, I did it quick. In the hurry, I took the feet. He looked at the result of the photo. He stood stuck and quiet a moment. Finally, he seemed to be ok, calm. I might have taken the photo rightly.

Before taking the scooter, I was still a little worried. Stephanos wasn’t saying anything anymore. “siga, siga” I indicated to him that I prefered him to drive carefully. He drived like a chief on his machine, to take me back, hair in the air...

Ένα στεφάνος για Χαρούλα

Couronne d’or. Musée de Vergina.
The golden Crown. Museum of Vergina.

Liens/Links:

Site de Haris Alexiou

Haris Alexiou sur Wikipedia

Concerts Haris Alexiou

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Voir aussi : Kavala
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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 07:43



 

Un catogan pour contenir une chevelure moutonnante, un air de tout jeune homme, l’œil taquin, le sourire coquin, comme un enfant riant sous cape de ses bêtises avec ses copains, le malicieux Alkinoos Ioannidis a joué et chanté avec ses trois musiciens et un chœur, dans le petit théâtre antique d’Epidaure, un soir où les cigales volaient sous les micros, où les grillons manifestaient parfois un peu de jalousie et répondaient aux premières notes, en grinçant ou en sciant. Même si au commencement, on aurait dit qu’on l’avait un peu dérangée, la nature s’est finalement tue.


Ce qui frappe d’abord c’est la qualité du son. Pur.

Ce n’est pas seulement l’acoustique du théâtre qui était bonne, c’est la précision des musiciens, l’utilisation d’instruments qui respirent (c’est-à-dire d’instruments acoustiques et non d’instruments électroniques), l’amour qu’ils mettent à l’exécution de chaque note, comme l’empreinte d’un doigt dans l’argile, comme des sculpteurs de musique.
La musique de Ioannidis mêle l’esprit du chant byzantin au classique, au jazz moderne, au rock, à la musique traditionnelle grecque ou chypriote (certains chants rappellent les chants corses ou siciliens).
Ioannidis parcourt toutes les émotions de la méditation à la révolte. La variété de ses modes d’expression enrichit l’oreille en couleurs et en textures.

    
Alkinoos Ioannidis' concert in Epidavros, 07/17

A ribbon for tying freezy back hair, looking like a very young man, a teasing eye, a mischievous smile, like a boy who laughs at silly things he’s done with his friends, the malicious Alkinoos Ioannidis has played and sung with his three musicians and a choir, in the little antic theater of Epidaurus, a night when the cicadas were flying under the microphones, when the crickets were a little jealous sometimes and were answering the first notes, grinding or sawing. Even if at the beginning, we could have said that it has been disturbed, the nature finally stood quiet.

 


What shocks first is the quality of the sound. Pure.

It’s not only because the theater’s acoustic is good, it’s the precision of the musicians, the use of instruments which are breathing (acoustic instruments and not electronic ones), the love that they put in the exetution of each note, like the fingerprint in the clay, like sculptors of music.
The music of Ioannidis mixes up byzantine chant with classic, modern jazz, rock, traditional greek or chypriot music (some songs sound a little like the corsican or sicilian ones).
Ioannidis goes through all kind of emotions from the meditation to the riot. The severals ways he chooses to express himself feed the ear in colours and textures.


     
Αλκίνοος Ιοαννίδης : Επιτυχία
Alkinoos Ioannidis: Réussite- Success (ironic)
 
Αλκίνοος Ιοαννίδης : Εις Μνήμην
Alkinoos Ioannidis: In Memoriam

La silhouette effilée du pianiste (Stavros Lantsias), avec de longs cheveux bouclés, sombres, s’est avancée en scène précédant les autres après une pause zen, concentré, les mains jointes et le dos droit.
Le violoncelliste (Yorgos Kaloudis) est entré à pas de loup, presque sur la pointe des pieds. La barbe affleurant un visage soutenant une massive chevelure bouclée. Il apporte, comme le pianiste, une tonalité jazz et classique. Assis au centre, ses genoux enserrant son instrument, il jouait parfois aussi de la lyre crétoise.
Enfin, Alkinoos Ioannidis (chant et guitare) est arrivé à grandes enjambées, penché en avant suivi du percussionniste Michalis Kapilidis qui s’est installé avec la souplesse d’un chat sur le côté de la scène, derrière ses instruments (batterie et autres appareils suspendus en zigzag auxquels il a fait subir toutes sortes de touches, frappant avec netteté, caressant, appuyant, frictionnant…). Michalis Kapilidis était à la fois doux, souple et très nerveux.
Le chœur est arrivé au moment où Alkinoos Ioannidis s’est installé à la flûte basse.
Composé de six voix masculines et de sept voix féminines, il se répartissait comme un chœur classique (ténors/ basses opposés aux soprani/alti). Très très sérieux, scrupuleux et très concentrés, les chanteurs ont laissé leur plaisir transparaître grâce aux provocations taquines d’Alkinoos Ioannidis.

 

Le sharp shadow of the pianist (Stavros Lantsias), with his long curly hair, dark, came on the scene before the others after a zen pause, concentrated, hands joined and straight back.
The cellist (Yorgos Kaloudis) entered on tip toe. His face was surrounded by a thick curly hair and a light bear. He gives, like the pianist, a jazz and classic touch. Sat in the centre, his knees enclosing his instrument, he also played cretan lyra.
Lastly, Alkinoos Ioannidis (vocals and guitar) arrived striding along, bending forward, followed by the percussionist Michalis Kapilidis who settled down with the litheness of a cat on the right side of the scene, behind his instruments (drums and other machines hung up in zigzag and to which he inflicted all sorts of touch, with clear beats, caressing, dwelling, rubbing...). Michalis Kapilidis was soft, flexible and nervous.
The choir arrived at the moment when Alkinoos Ioannidis was playing the bass flute.
Composed of six masculine voice and six feminine, it was built like a classical choir (tenor/bass facing soprani/alti). Very very scrupulous and concentrated, the singers let their pleasure appear thanks to Alkinoos Ioannidis’ teasing.



The instruments are wainting for their masters.

Les premières chansons du concert étaient douces, ce qui créait d’emblée une atmosphère à la fois très reposante et méditative. Il a commencé seul à la guitare sans micro pour faire sentir au public la qualité acoustique du théâtre.

Il serrait parfois sa guitare en se refermant sur elle et c’est comme si elle pénétrait son ventre pour y vibrer. De sa chaise il se retournait de temps en temps pour diriger le chœur, la bouche arrondie, les yeux rieurs, il hochait la tête pour les lancer ou pour marquer la fin d’un chant. Il créait une unité et une complicité entre les musiciens, sans les étouffer, on les sentait libres.
La vibration de son sourire, comme l’échappée discrète du plaisir de la scène, se transmettait sur les visages, animant insensiblement les corps.
Il parlait au public entre ses chansons et on les sentait proches et complices.

 

The first songs of the concert were sweet, which created an immediate cool and meditative atmosphere. He began alone with his guitar without microphone so that the public could appreciate the quality of the acoustic of the theater.

Sometimes he was clasping his guitar closing himself around it as if it penetrated his abdomen to vibrate in it. From his chair he sometimes turned back to conduct the choir, with a round mouth, smiling eyes, he nodded to push them or to indicate the end of an aria. He created unity and complicity between the musicians, without smother them, they seemed to be free.
The vibration of his smile, as if the pleasure of the scene discretly escaped, was transmitted onto the faces, lightly moving the bodies.

He talked to the public between the songs and we could feel them close and a party of it, accomplice.

Al.Io3.jpg
On the left side (yellow spot) the great Theater of Epidavros, and on the right side, the little one. (cliquez pour agrandir)

Le spectacle avait lieu dans le cadre du Festival d'Athènes et d'Epidaure (Grèce).

C’était au petit théâtre d’Epidaure (2000 places), à Archéa (ou Palea) Epidavros (on pourrait traduire par Epidaure-Le-Vieux), qu’il ne faut pas confondre avec le grand théâtre d’Epidaure, situé quelques kilomètres plus loin sur le site antique dédié à Asklépios.

 

The show was going on during the Athens and Epidaurus' festival (Greece).

It was in the little theater of Epidaurus, in Archea (or Palea) Epidaurus (the old Epidaurus), that must not be confused with the great theater of Epidaurus, some kilometers around on the antic site of Asklepios.

Le jardin des Hespérides derrière le petit théâtre d'Epidaure

On rejoint le théâtre par la route ou par un chemin qui borde le port et qui s’enfonce dans une orangeraie. On croise sur ce chemin des fermes d’où parviennent les odeurs des chèvres qui s’embrassent le long des grillages, celles des figuiers. Le soleil couchant derrière la montagne découpe sa silhouette.

Le théâtre était très bien éclairé, un grand olivier à droite des gradins, les ruines, demi-colonnes au fond de la scène, ajoutaient au caractère sacré du concert. A la tiède atmosphère du soir se mêlait la délicieuse odeur de pipe d’un ingénieur du son, qu’un léger vent nous a ensuite volée derrière la scène.
Une tâche de lumière, reflet involontaire de la guitare de Ioannidis, parcourait quelques visages dans le public ; un public très attentif et doux, à l’image du spectacle que nous ont donné ces très bons musiciens. Le chanteur se  taisait parfois pour écouter le public qui chantait avec lui, le portant doucement, presque timidement avec respect et admiration. Il était très réactif à l’enthousiasme amusé et retenu de son chanteur.

Seul, un homme apparemment affamé a demandé une chanson avec insistance en l’apostrophant depuis les gradins dans le noir. Alkinoos Ioannidis a répondu d’abord qu’il avait du travail (ou quelque chose dans ce genre) sur un ton amusé, l’homme a insisté, et il lui a répondu qu’il avait fait un CD avec gentillesse et sans doute avec un trait d’humour que je n’ai pas compris (je comprends encore très difficilement le grec).
 

You can go to the theater by the road or by a path which border the harbour and which is swallowed by a field of orange trees. On this path, you cross little farms from which are coming out the fragrances of the goats that are kissing along the wire netting, you can also feel perfumes of fig trees. The sunset behind the mountains cut up its shadow.

The theater was well lit, a big olive tree on the right of the step rows of seats, the ruins, half-columns on the backstage, added something holy to the concert. In the warm atmosphere of the night melted the delicious odour of the pipe of the sound ingineer then was stollen away by a cool wind behing the scene.
A spot of light, the involontary reflect of Ioannidis’ guitar was running on the faces of the people in the public ; a very
attentive and sweet public, image of the show given by these very good musicians. The singer sometimes interrupted to hear the public singing with him, carring him tenderly, almost shy, with respect and admiration. He was reacting fastly to the amused and contained enthousiasm of his singer.

One man, a hungry one, asked a song, insisting, shouting from the steps in the dark. Alkinoos Ioannidis aswered first something like “I have a lot of work” with fun in his voice, the man insisted again, he answered that he had made a CD, with kindness and perhaps with a joke that I didn’t understand (I still understand hardly greek language).
     
Αλκίνοος Ιοαννίδης : Μη με Κλειδώνεις
Alkinoos Ioannidis: Don't bolt me in - Ne m'enferme pas

Difficile de classer ce public. Comme d’autres concerts auxquels j’ai assisté en Grèce (à l’exception de celui de Xydakis à Athènes, composé d’un public bourgeois), Alkinoos Ioannidis a rassemblé des personnes de toutes catégories sociales, de tous les âges (des gamins de 10 ans venus avec leurs parents jusqu’au grand-père de 80 ans), une foule sentimentale.   It’s hard to classify the public. Like other concerts where I have been in Greece (except Xydakis’ in Athens, which gathered mostly bourgeois), Alkinoos Ioannidis gathers together peple from all backgrounds, of all ages (from 10 years old kids who came with their parents to grandfathers in their 80’), a sentimental crowd.
Αλκίνοος Ιοαννίδης : Πατρίδα
Alkinoos Ioannidis: Patrie/Homeland

Liens /Links :

Alkinoos Ioannidis on myspace

Site d’Alkinoos Ioannidis

Alkinoos Ioannidis sur Wikipedia
Festival d'Athènes et d'Epidaure / Athens and Epidaurus' festival
credibilis (videos of this article and other songs from the last album of Ioannidis)
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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 20:43



    Eleftheria Arvanitaki, concert in Chalkida, 07/24

Eleftheria Arvanitaki a promené sa voix haute, pure et sensuelle dans le beau décor du château de Chalkida (Grèce).

Sa présence sur scène est très forte. Alors que dans les interviews on a l’impression de voir une femme timide, fragile, avec une toute petite voix douce, elle est exactement à l’opposé sur scène : sa voix est puissante, belle, elle dégage une grande énergie, sillonnant la scène de part en part, projetant son corps comme tiré par sa voix vers la foule. Son regard n’oublie personne, et même à la distance éloignée où je me trouvais, on en sentait le poids. Elle n’est pas simplement SUR scène, elle est DANS le public. Son sourire chaleureux, charmeur, confiant assoit sa présence sur toute la foule.

 

Eleftheria took her high, pure and sensual voice out for a flight, in the beautiful scenery of Chalkida’s castle (Greece).  

She has great presence on scene. Whereas in the interviews she looks shy, fragile, with a sweet little voice, she is the exact opposite on scene : her voice is powerful, beautiful, she leaves a great energy, furrowing eveywhere on the scene, throwing her body, as if it was pull by her voice , towards the crowd. Her look doesn’t forget anybody, and, even from the long distance I was from the scene, I could feel the weight of it. She is not only ON scene, she is also IN the public. Her warmful smile, charming, confident, sits her presence on the crowd.

Début de concert avec "ti leipei" (Ici video d'un concert en 2002)
 
Elle a mêlé dans ce concert différents tubes actuels et passés, y compris l’emblématique « kokkino foustani » (la jupe rouge) qui n’a laissé indifférent absolument personne, pas même les vieilles dames et les vieux messieurs (elle touche une population allant de 7 à 80 ans) qui chantaient eux aussi avec elle « kokkino foustani ». Pourtant arrivé tard dans le concert (qui a duré environ 2h30), cette chanson était le moment le plus fort, où le public était le plus présent.
 
In this concert, she gathered up different actual and past hit songs, including the emblematic “kokkino foustani” (the red skirt) which lets nobody indifferent, not even the very old women and the very old men (she touches people from 7 to 80 years old) who were singing with her “kokkino foustani”. Though, she sang it late in the night (in a concert which lasted about 2h30), this song was the highest moment, when the public was the most alive.
 
   
To Kokkino Foustani - The best known
hit of Eleftheria Arvanitai (english lyrics
& Greek lyrics
 

Le public. Il connaissait toutes ses chansons par coeur, bien sûr.
Certaines ont pourtant créé des surprises émues, en particulier celles qu’elle a chantées en duo avec Melina Aslanidou (une jeune chanteuse). Eleftheria Arvanitaki l’entourait maternellement avec son chaud sourire, avec de doux hochements de tête encourageants.
Elle avait le trac la petite, du moins, elle le cachait difficilement : elle était arrivée sur scène tenue par la main sûre d’un homme resté dans l’ombre.
Melina Aslanidou fait partie de ces voix graves voilées qui donnent une sensation très terrienne, accidentée, et qui contrastait joliment avec celle d’Eleftheria Arvanitaki, très aérienne, limpide, fluide, sans accroc.
Les morceaux entraînants s’enchaînaient les uns après les autres sans temps mort. Les quelques pauses où la chanteuse adressait deux ou trois mots au public semblaient destinées à faire la transition avec des rythmes plus calmes.
Ce public là rassemblait toute la Grèce sans doute, tous les genres, de la mère de famille du village voisin à l’étudiante, en passant par les vieux, les adolescents… toute la Grèce avec une majorité très nette de femmes. On m’a dit que les hommes n’osaient pas forcément aller à ses concerts par orgueil, la « maguia ». Mais quand on parle d’Eleftheria Arvanitaki, ils soupirent tous d’un « Ah… Eleftheriiiia ! » admiratif.

La plupart des gens étaient concentrés. Le public respecte Eleftheria Arvanitaki mais beaucoup étaient indisciplinés, ils allaient, ils venaient.

Le concert devait commencer à 21h15. A 22h15, une masse de spectateurs continuait d’arriver ce qui donnait au concert, avec la très grande liberté donnée à chacun (sandwiches, portables, boissons diverses, promenades), un caractère « grosse production » sans solennité.

Parmi le gotha des habitants de Chalkida, un défilé noir d’une demie douzaine de prêtres orthodoxes à la silhouette allongée par leur haut kalimaphion (chapeau noir) s’est avancé avec la rectitude des  métronomes de Ligeti pour s’installer aux meilleures places devant la scène. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Non, on ne risquait pas de danser- au fond, tout au fond, peut-être.

 

The public. He knew all the songs by heart, of course.
Though, some songs created moved surprises, particulary the ones sang in duet with Melina Aslanidou (a young singer). Eleftheria Arvanitaki were maternally surrounding her with her warm smile, with sweet nods of her head, encouraging.
The young woman, she had the wind up that she could hardly hide : she arrived on scene holding the securing hand of shadowing man.
Melina Aslanidou takes part to husky low voices, which give a terrestrial sensation, with accidents, and which nicely contrasted with Eleftheria Arvanitaki’s very aerial voice, pure, fluid, without hitch.
Catchy pieces of music were linked one to another without pause. The rarely pauses when the singer talked to the audience seemed to be built as transtions to cooler rythms.
This public looked like this entire Greece, from the housewife of the next village to the studient, including old men, teenagers... The whole Greece with a majoritty of women.I have been told that men didn’t dare to come to her concerts because of “magia”, proud. But when you talk about Eleftheria Arvanitaki, they have this sigh : “Ah... Eleftheriiiia !” with admiration in the tone of their voice.

Most of people were concentrated. The public respects Eleftheria Arvanitaki but a lot of people were also undisciplined, they were going here and there.

The concert should have begun at 21h15. At 22h15, a crowd of spectators were still arriving which gave to the concert, with the big freedom left to everyone (sandwiches, mobile phone, drinks, walks), the impression of a “big production” without solemnity.

Amongst the elite of Chalkida, a dark procession of about six orthodox priests, with a slight shadow elongated by the high kalimaphion (black hat) walked with the straightness of the  Ligeti’s metronomes to settle down on the best seats. Charity begins at home.

No, we didn’t risk to dance – backwards, perhaps, far from the scene.

 

 
Le "castro" (la citadelle) sur l'acropole de Chalkida, où avait lieu le concert.
 
The "castro" (castle) of Chalkida's acropolis where the concert took place.
                     
   

A 22h30, le concert pouvait commencer. Le retard était dû à un problème technique dont s’amusaient certains spectateurs en le traduisant en Anglais « A technical problem ». Enfin, un prêtre est monté sur scène créant un remous sarcastique dans la foule. On aurait dit, en effet, qu’il allait dire la messe, et cela semblait agacer les spectateurs. Il s’est excusé pour le technical problem et a lu un discours où j’ai compris çà et là qu’il devait s’agir d’un concert pour une œuvre de bienfaisance. Il a enfin remercié les partenaires commerciaux, surtout les banques. Il a remercié beaucoup de banques, avec une chaleur dans la voix qui trahissait une grande sincérité. A la fin de son discours, le prêtre a dû être applaudi par une dizaine de personnes maximum sur les centaines et les centaines de spectateurs. Un clap par çi, un clap par là, la fin de son intervention a soulagé la foule.

Et elle est arrivée sur scène, la belle déesse, créant une satisfaction émue.

Elle s’est excusée pour le technical problem. Là, je crois, la foule a eu un mouvement mêlé de reconnaissance et de lassitude, un peu comme si elle disait « Mais oui on te pardonne Eleftheria, on ne risquait pas de partir, on t’aime, allez, vas-y ! ». Mais elle a insisté de sa petite voix de souris et de ses yeux de louve avec grâce, douceur, charme, en parlant de son kardia (son cœur) à plusieurs reprises. Puis elle a ouvert le concert avec un tube entraînant de son précédent album.

 

At 22h30, the concert could begin. The delay was due to a “technical problem” that some people of the audience laught at it using the expression “technical problem” in english. Finally, a priest came on scene, creating a sarcastic stirs in the crowd. Indeed, you could imagine that he was going to make the mass, and it seemed to set on edge the audience. He apologized for the technical problem and read a speech that I understood here and there it was about charity . He finally thanked sponsors, aspecially the banks. He thanked a lot the banks, many banks, with a very warmful tone in his voice that betrayed a deep sincerity. At the end of his speech, the priest was probably applauded by ten people on the hundreds of spectators. One clap here, one clap there, the end of his talk was a relief to everybody in the crowd.

And she came on the stage, the beautiful goddess, leading a moved satisfaction in the crowd.

She apologized for the technical problem. And then, I think, people were a bit both thankful and bored (full up with apologizes), as if they were saying :“oh come on! We love you. We would never leave, go on!”. But she insisted on apologizing, with her little mouse voice, with grace, with charm, sweetness, talking about her « kardia » (heart) several times. Then she opened the concert with a hit fast drived, which belonged to her previous album.


Le kardia d’Eleftheria. Eleftheria’s kardia.
(photo d'après une video d'internet -photograph from an internet video)
 
Les premières chansons, connues du public, ont fait démarrer le concert sur les chapeaux de roue. L’eau n’était pas encore assez chaude pourtant pour suivre le cours de chant de « tis kali nychtas ta filia » (Les baisers du soir), mais la foule a ri d’elle-même.
 
The first songs, very known by the public, began hub cap. The water was not warm enough to follow the chant courses of “ tis kali nychtas ta filia” (Kissing goodnight) but the crowd laught at itself.


Les spectateurs chantent pendant tout le concert et se replient timidement devant les invitations d’Eleftheria, lorsqu’elle brandit le micro vers la foule, ou lorsque les musiciens s’arrêtent pour écouter.
Elle a terminé avec « Το παράπoνο (to parapono : la complainte)» , une chanson très aimée du public (pour moi aussi, c’est la première que j’ai apprise).

A la fin du concert, le château se vidait indéfiniment, le flux semblait ne jamais s’arrêter.

Quelques adolescentes de douze ou treize ans se sont mises à refaire le concert en chantant en chœur à tue-tête.
  

The audience sings during the whole concert and hide timidly when she hangs up the microphone towards it, or when the musicians stop to listen to it.

She ended with Το παράπoνο (to parapono : la complainte), a song that people appreciate a lot (I do, as well, it’s the first one I have learnt).

At the end of the concert, the castle never end to empty with people, they were so much. 

Some teenagers, girls about 12 or 13, began to remake the concert singing at loud in a choir.


      
δυνατά (dynata- with strengh)
 

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 Autres articles citant Eleftheria Arvanitaki / Other articles with Eleftheria Arvanitaki on this blog :


    
Eleftheria Arvanitaki invite les vents ibériques à souffler en Grèce
     Ismaël Lo - Eleftheria Arvanitaki, une femme sans haine* Ιστορία παλιά
     Les sirènes existent (1)* Sirens do exist *Γοργόνες
     Maria Polydouri : Je ne chanterais pas si tu ne m'avais pas aimée
     Constantin Cavafis : Gris * Γκρίζα
     Odysseas Elytis : Ode à Aphrodite, d'après Sappho
     Odysseas Elytis : L'été a tout emporté * όλα τα πήρε το καλοκαίρι
     Odysseas Elytis : Το παράπoνο * la complainte
     Lara Fabian chez les Grecs
     Concerts: Angelique Ionatos et Katerina Fotinaki en Grèce à Naxos, Eleftheria Arvanitaki à Paros

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