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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 16:15

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Jusqu'à l'année dernière, j'avais l'habitude de venir en Grèce par le bus puis le bateau, en passant par Venise, Bari ou Ancone.

 

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Le bateau donne la sensation d'être nulle part des heures et des heures, au milieu de la mer, le défilé des vagues rend presque saoul. Quand les yeux reviennent sur le bateau, le défilé continue, les formes se dérobent sous les pieds.

 


 

On est en mer, immense, dans des diamants fluides. C'est presque l'aventure. C'est nulle part.

Depuis un an, je vais plus souvent en Grèce, parfois peu de temps, alors je prends l'avion.
L'avion c'est être nulle part deux ou trois heures seulement, pas plus, enfermé, avec une sensation étrange, irréelle, de dominer le monde, d'être en suspension :


                                               Nuages, je vous toise !

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Les montagnes sont comme des molaires, avec leurs couronnes, leurs plombages.

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Après Les dents de la mer : Les dents de la Terre.

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Tout est sillon : les rivières, les routes, les chemins, le maillage des rues d'une ville.

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Tout est plaque : les champs, les lacs, les bassins, les marais, les lagons, certaines îles.

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Tout est grain de sable : les maisons, les villes, les poussières d'arbres.

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Et les nuages bombinent au-dessus du sol, et nous passons au-dessus, vite, puis entre les fumées, à travers les nuées, en-dedans les vapeurs blanches impalpables depuis notre intérieur sec. Leur blancheur éblouit.

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Toiser les nuages donne la sensation agréable de ne pas en être victime (par dessous, ils se pressent parfois à larmoyer sur notre dos), et d'en admirer leurs formes, douce, arrondie ou autoritaire par leur épaisse verticalité, dans le confort artificiel d'une cage volante et hermétique.

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  écumes


Photos : Maïs Elfe (moi-même, photos personnelles)


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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 15:35

marbres du BM

 

Il y a 210 ans, Lord Elgin, ambassadeur britannique à Constantinople entre 1798 et 1803 (la Grèce était alors sous l'occupation de l'Empire ottoman), détacha les frises de marbre sculptées du Parthenon grâce à l'autorisation du sultan ottoman (1801). Durant le pillage, des pièces furent abîmées voire détruites.  Le prétexte initial de Lord Elgin était de faire profiter des Beaux-Arts à l'ambassade  anglaise, or, il les conserva dans sa collection personnelle. Lorsqu'il les vendit, c'était au moment où l'aristocrate était ruiné par ce vol (coût des transports et des travaux). Le British museum les lui acheta en 1816.


Quelques anecdotes concernant les voyages des frises.

Lord Elgin avait fait transporter les frises par un navire, le Mentor, qui coula en 1802 dans le port de Cythère (île située exactement en face de la pointe sud du Péloponnèse). 4 des 17 caisses contenant les frises furent récupérées par des pêcheurs d'éponge (dirlada dirla da da!) sur les ordres de W.R. Hamilton. Le reste fut récupéré les années suivantes. Notons que Lord Elgin fut emprisonné en France pour un pillage similaire.


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Ces frises, comme le Parthenon, appartiennent aujourd'hui au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1987.

Lord Byron, un britannique amoureux de la Grèce, dénonça le vol dans The curse of Minerva (1811). Il s'adresse à Lord Elgin en écrivant :

'Scaped from the ravage of the Turk and Goth,
Thy country sends a spoiler worse than both.

traduit par :

Nous avions échappé aux ravages du Turc et du Goth
Ton pays nous envoie un barbare pire que ces deux-là réunis.

Son graffiti - pardon, sa signature - gravé sur le temple de Poséidon au Cap Sounion est donc très apprécié (c'est d'ailleurs peut-être un faux).

 

L'engagement de Mélina Mercouri

Mélina Mercouri, une actrice légendaire des années 50 à 70, s'était engagée dans la bataille pour récupérer les frises au moment où elle était ministre de la Culture en Grèce (de 1981 à 1989 sous des gouvernements de gauche -PASOK). Elle avait eu droit au mépris teinté de machisme des politiciens britanniques, comme en témoigne la video suivante où l'on peut admirer "l'habileté politique" (ou le chantage, la manipulation sournoise, avec un air affecté et faussement affectif, où le bourreau veut se faire prendre pour la victime) de l'interlocuteur de Melina Mercouri qui déclare: "so you want to ruin the British museum?" ("Donc, vous voulez ruiner le British Museum?"). Culot typique des gens malhonnêtes (on les reconnaît si bien)...

 

 

Une conservation garantie des frises à Athènes

Les Britanniques ont d'abord déclaré qu'ils ne rendraient les frises que si la Grèce se dote des moyens de les conserver, car les Britanniques sont des justiciers de la conservation du patrimoine tels les colons civilisateurs de l'Afrique. N'oublions pas non plus toutes les légendes sur la pollution à Athènes, avec la rumeur qu'elle fut la plus importante d'Europe -Athènes qui, soit dit en passant, comporte 2 à 3 fois moins d'habitants que Londres ou Paris, est au bord de la mer, ventée... La logique échappe souvent aux intellectuels de pouvoir. C'est l'orgueil qui fait loi.
S
i vous connaissez les chiffres sur cette pollution (pas seulement celle causée par les particules fines) comparés aux autres villes citées ci-dessus, merci de me les indiquer. 

 

Le nouveau musée de l'Acropole a ouvert ses portes en 2009. Le dernier étage est destiné à accueillir les marbres.

Mais les Britanniques ne s'empressent pas de les rendre. Les lois les en empêchent (dis-donc!),  tout comme l'affection tendre pour les frises (ici, laissons couler une petite larme), la belle collection (cupide) et surtout... la volonté politique.


Un message télévisé lancé par Mélina Mercouri dans les années 80 (en anglais) a été repris récemment.

Traduction du message:

                          

(...)

Que signifie la cathédrale de Saint-Paul pour la Grande Bretagne?
Que signifie le Taj Mahal pour l'Inde?
Que signifient les peintures de la chapelle Sixtine pour l'Italie?
Les marbres du Parthenon sont notre fierté, ils sont notre identité, ils sont aujourd'hui le lien avec l'Excellence grecque, ce sont des créations synonymes des concepts de démocratie et de liberté.


La bataille continue...

 

 

Photos : internet (les frises au British museum de Londres).

 

LINKS/ LIENS :

Site (PETITION) Bring them back
Le retour des marbres : explications détaillées en français, notamment sur le traitement subi par les oeuvres au moment du pillage, sur les arguments pour et contre le retour des frises en Grèce.
Marbles for flame

Parthenon
Histoire du Parthenon en images: reconstitution en images de synthèse par le réalisateur Costa-Gavras. Ce film figure à l'exposition permanente du musée de l'Acropole, avec des commentaires.

Reportage britannique sur le musée de l'Acropole (avec des diversions discrètes pour jeter un "léger" discrédit sur les Grecs, sans parler des conditions d'échanges culturels privilégiés imposées en échange de prêts éventuels). Les Anglais sont donc prêts à rester malhonnêtes et à soumettre des conditions indues aux Grecs (admirez le sourire crispé et intéressé du porte parole de ces "conditions").

La République des lettres : quelques explications objectives sur le débat.


Le nouveau musée de l'Acropole :

musee-acropole1.jpgPhoto : internet

 

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 17:47

  coeurquibatMais c'est leur coeur que j'entends !*

 

 

Les Grecs souffrent parce que les prix ont grimpé, ils ne peuvent plus consommer comme avant. Allez les voir, ils ont des richesses non quantifiables.

En France, on souffre en crânant. En France, c'est le sourire qui coûte très cher. On travaille mal car le travail est mal vécu, dévalorisé par la défiance. On fait mine d'ignorer ce mal au travail, on ignore les vrais problèmes, on fait l'autruche, on crâne à nouveau (vanità di vanità tutto è vanità) et tout pourrit car crâner est une solution en soi.

 

Greek Crisis ? Watch (out) ourselves !

Greeks suffer because prices have risen, they can not eat like before. Go to see them, they have resources which are not quantifiable.

In France, we suffer while we show off. In France, it's the smile which is very expensive. We work badly because the work is badly lived, devalued by distrust. We pretend to ignore the evil at work, ignoring the real problems, we do like the ostrich (head in the floor), we show off again (vanità di vanità, tutto è vanità) and everything is rotting because showing off is a solution in itself.

Le sourire (sincère, altruiste) coûte très cher en France. On a oublié que cela donnait du baume à l'âme. La sincérité, l'honnêteté sont hors de prix. Et chacun semble vivre avec le mépris de ces rapports là, comme si être tendre et gentil était une faiblesse, une niaiserie. Or, on parle sans arrêt du harcèlement moral au travail, du dénigrement du travail, finalement, d'une nouvelle forme d'esclavage par la suppression du lien affectif qui existe avec le travail. On veut se persuader que ce lien n'existe pas, que l'affection et le travail sont séparés et le bourgeois de dire que l'affectivité nuit au travail.   The smile (sincere, altruistic) is very expensive in France. We forgot that it gives the balm to the soul. Sincerity, honesty are expensive. And everyone seems to live with the scorn of those qualities, as if being nice and tender was weakness, foolishness. Now, we talk constantly of bullying at work, the denigration of work, finally, a new form of slavery by the abolition of the emotional bond that exists with the work. We convinced ourselves that this link doesn't exist, that affection and work are separated and the bourgeois lock emotions at work as if it led bad work. 

Et j'ai rencontré des Grecs qui croient toujours que Paris est la ville de l'amour (certain(e)s vont jusqu'à y acheter un appartement -pour faire le nid de leur couple– merci de nous promettre de nous apporter du soleil, mais... va donc à Constantinople, tu y seras plus heureuse ! Là-bas au moins, les hommes rient avec les mouettes et les amoureux).

 

And I met Greeks who still believe that Paris is the city of love (some go so far that they buy an apartment for the couple's nest - thank you to promise to bring us the sun, ... but please, go to Constantinople, you'll be happier! There, at least, men are laughing with the seagulls and the lovers).

Non, Paris, c'est la ville du sexe parce que le fric a tout terni. Quand un bobo achète dans les quartiers folklos, il donne une plus-value au commerçant de son quartier qui devient à son tour assoiffé de fric. Et l'amour, face aux crâneurs, se barre, il fait rapidement ses bagages.

Le fric attire le sexe, pas l'amour.

 

No, Paris is only the city of sex, because money has tarnished it all. When a bohemian-bourgeois buys in the a folkloric neighborhood, it gives added value to the merchant there, whom, in return, becomes thirsty for money. And love, facing arrogance, flies, he quickly packs up his bags.

Money attracts sex, not love.

A Paris, on dit simplement qu'il ne faut faire confiance en personne et que les gens sont tous des voleurs, des escrocs, des menteurs. La porte est fermée entre nous. Merci aux préjugés. Le cynisme, la méchanceté et la brutalité sont en vogue, colportés par une partie de la classe bourgeoise (et relayés par certains gosses des banlieues qui ont pour seul objectif de « se faire du fric »), cette bourgeoisie qui s'enrichit indûment, celle qui s'auto-reproduit en sélectionnant in vitro ses semblables. Pour ceux-là, il vaut donc mieux dire que tous les hommes sont comme eux : vides, d'une grande pauvreté morale, inhumains. Le cynisme, la méchanceté et la brutalité, c'est la marque de la force, de l'affirmation de soi, et même de l'intelligence... pour ceux qui sont impuissants à comprendre et à agir ! On s'accroche aux branches du cynisme pour paraître moins stupide. Et le petit chef s'identifie au cadre imbécile... Bestial.

On se plaît à dire quand on est intello, que l'homme est fait de méchanceté et qu'il faut l'accepter sans aigreur, comme un vrai surhomme à la Nietzsche. Un mauvais perroquet de Nietzsche. Certains se forcent à être aimables et généreux parce que chacun sait que c'est la marque de la sérénité. Mimer la force tranquille sans jamais la ressentir. C'est forcé et ça se voit, même avec la technique. Le masque est fissuré par l'angoisse du bien-paraître, par la vanité, la voix est laide, elle joue faux, elle ne chante pas.

J'ai rencontré des hommes forts en Grèce, des femmes puissantes par leur gentillesse et leur prévenance, leur attention pour l'autre, sans attente d'un retour. Non, ce n'est pas la religion ni le commerce qui leur ordonne, c'est parce qu'il savent qu'ils sont déjà riches quand ils sont sincèrement doux et gentils : ils partagent leur bonheur. Ils n'en sont pas forcément conscients à cause de leurs difficultés économiques, à cause de leur humilité et de leur tendance à se sous-estimer. Pourtant, rien n'est perdu pour eux. Surtout pas une marque d'affection. Rien n'est jamais perdu (traduction ici). Les Grecs sont tendres, dans leurs relations humaines et même dans leur travail.

 

In Paris, we simply say that we must trust nobody and that people are all thieves, crooks, liars. The door is closed between us. Thanks to prejudices. The cynicism, cruelty and brutality are fashionable, peddled by some of the bourgeois (and relayed by some kids from the poor suburbs whose only goal is to make money), this bourgeoisie unduly enriched, which is self-selecting in vitro to reproduce his fellows. For them, it is better to say that all men are like them : empty, with a great moral poverty, inhuman. The cynicism, cruelty and brutality, is the mark of strength, of assertiveness, and even of intelligency... for those who are powerless to understand and act ! They cling to the branches of cynicism to appear less stupid. And the little chief identifies with the idiot leader... Bestial.

They like to say, when one is intellectual, that man is made of evil and must accept it without bitterness, like the true superman of Nietzsche. A bad parrot of Nietzsche. Some force themselves to be kind and generous because everyone knows that it is the mark of serenity. Mimicking the quiet strength and never feel it. It's forced and it shows, even with the technique. The mask is cracked by the anguish of well-published, vanity, the voice is ugly, it is false, it does not sing.

I met strong men in Greece, powerful women by their kindness and thoughtfulness, their attention to another without expectation of return. No, this is not religion or trade which orders them to act like this, it's because they know they are already rich when they are genuinely kind and gentle : they share their happiness. They are not necessarily aware of it because of their economic difficulties, because of their humility and their tendency to underestimate themselves. However, nothing is lost for them. No sign of affection is lost. Nothing is ever lost (translation here). The Greeks are soft in their relationships and even in their work.

Comment font les Grecs pour être si gentils et confiants ?

Quand ils se font avoir, ils gueulent. C'est tout. Mais ils font confiance a priori, ils n'anticipent pas vraiment la malveillance puisqu'ils sont eux-mêmes bienveillants, ou quand ils l'anticipent par expérience, ils l'appréhendent de suite avec gentillesse par quelques petits tours de magie relationnels (on appelle cela la diplomatie). Sinon, dès qu'ils s'aperçoivent trop tard qu'ils ont été floués, trahis, ils gueulent. Ils ne se vengent pas (ou très rarement) parce qu'ils sont fatalistes.

Ils ne se vengent pas : ils gueulent ! C'est tout ! Pas de macération viscérale, la vie est trop courte et trop ouverte aux plaisirs pour s'encombrer de haine. Et personne ne viendra dire qu'ils sont malades quand ils se révoltent.

Le mal est une chose très secondaire dans leur vie. Le plaisir un quotidien. Et s'ils souffrent de la crise, ils savent oublier en chantant, en étant prévenant les uns avec les autres, en s'aimant, d'une humanité complice, en se laissant bercer par le temps et le soleil : une juste sieste pour assoupir le mal. Parfois, les Africains sont comme ça aussi. De moins en moins parce que beaucoup rentrent dans le jeu de la satisfaction affective par la satisfaction matérielle.

Aucun bien matériel ne remplace l'affection humaine. Aucun. D'où vient donc cette croyance ?

Pour les lunettes noires, la fille et la bagnole (cliché du nouveau mangas, après le komboloi), c'est un jeu. Peut-être que certains y croient mais tous en rigolent.

L'humour. Tant qu'ils riront, tant qu'ils chanteront... la crise ne sera qu'économique. Tant qu'ils prendront soin de leurs vieux, ces vieux - piliers de tendresse, ils préserveront leurs trésors, l'amour*.

 

How do Greeks do to be so nice and confident?

When they are misled, they yell. That's it. But they trust in advance, they really do not anticipate the malice because they are themselves trusty, or, when they anticipate from experience, they apprehend immediately with nice little relational tricks (we call it diplomacy). Otherwise, once they realize too late that they have been cheated, betrayed, they yell. They don't take their revenge (or very rarely) because they are fatalistic.

They don't take their revenge : they yell! That's all! No visceral maceration, life is too short and too open to the pleasures to lose time by hating. And nobody will say they are sick when they rebel.

Evil is a very secondary thing in their lives. The pleasure is in every day. And if they suffer from the crisis, they know how to forget it by singing, by being attentive to each other in loving, with human accomplice, lulled by the time and the sun : just a little nap to make the evil sleep. Sometimes, the Africans are like that too. Fewer and fewer because many fall into the game of getting emotional satisfaction by material satisfaction.

Material can't ever be a substitute for human affection. Ever. So where does this belief come from ?

For sunglasses, the girl and the car (cliche of the new mangas, after komboloi), it is a game. Maybe some believe it but everybody laughs at it.

Humor. Since they laugh, since they sing ... the crisis will remain only an economic crisis. Until they take care of their old people, these old people- pillars of tenderness, they preserve their treasures, love*.

     

Ils aiment leur travail, ils aiment travailler. Avec cohérence, logique, même s'il n'y paraît pas toujours. Ils aiment montrer qu'ils font bien leur travail, d'une manière humble et convaincue, digne. Ce n'est pas du flan. Ils se remettent en question, se corrigent si leur service ne satisfait pas. Ce n'est pas du vent, comme on voit parfois en France des gens crâner avec arrogance, prendre des grands airs et mépriser leur voisin... Pas besoin d'écraser l'autre pour se valoriser ici. Ni besoin de fausse humilité. Être juste digne : « je sais ce que je vaux, même si je ne suis pas reconnu. Et si j'échoue, je recommence ou je laisse car on ne peut pas tout réussir » sans peur de l'échec - et non pas : « Je sais tout, je peux tout, je veux qu'on me reconnaisse à tout prix » qui montre qu'on est sur une pente « wanna be » et les objectifs ne sont jamais atteints. Les Grecs ne se fixent pas non plus des objectifs irréalisables pour crâner.

Les Grecs ne sont pas des mendiants. Ils sont autonomes tout en étant solidaires les uns des autres. Ils sont indépendants tout en restant soudés les uns aux autres.

 

They love their work, they enjoy working. With coherence, logic, even if it doesn't always seem to be. They like to show that they are doing their job properly, with humility and conviction, dignity. This is not fake. They challenge, correct themselves if their service fails. This is not wind, as sometimes people do in France with arrogance, takingpause and despising their neighbor... No need to crush each other to develop here. Neither you need false humility. You just have to be aware of your capacity "I know I'm worthy, although I'm not acknowledged. And if I fail, I start again or I give up because we can not achieve everything " without fear of failure - and not:" I know everything, I can do everything, I absolutelywant to be acknowledged " that shows you are on a slope of "wanna be" and the goals are never achieved. Greeks don't set unrealistic goals to swagger.

Greeks are not beggars. They are autonomous while being supportive of each other. They are independent but still stick together.

Il faut une sacrée maturité à un peuple pour en arriver là.
Et beaucoup de tendresse.
  It takes maturity to a holy people to get there. And a lot of tenderness.
          
* (Le diable: ) Mais c'est leur coeur que j'entends ? Leur coeur qui bat! qui ne cesse de battre! qui bat [il frappe la statue]... qui bat! qui bat!
(Prévert/ Les visiteurs du soir -1942- de M. Carné)
  *  (Evil:) But... I am hearing their heart ? Their beating  heart! Remaining beating ! [he beats the statue] beating! beating!
(Prévert/ The devils's envoys -1942- by M. Carné)
     
Charles Aznavour (2004) : Emmenez-moi
                                            Take me along
Video : marine1373

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 22:02

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Μποσταντζόγλου (Μπόστ) : Γοργόνα της ελληνικής μας θαλάσσης.
Bostantzoglou (Bost) : Sirène de notre mer grecque.

~~ Je répondrai à vos messages à mon retour. Bonne navigation internautique. ~~
~~ I will answer to your message when I am back. Enjoy your trip on internet. ~

  si vous ne voyez pas la video allez sur la version allemande

En attendant les prochains articles allez donc (ré) écouter les sirènes :

Les sirènes existent (1 bis)* Sirens do exist *Γοργόνες  

Les sirènes existent (2)* Sirens do exist *Σειρήνες

Les sirènes existent (3) * Sirens do exist

 

><((°>.69.<°))><                                                                          ~~~  ><((°>  ~~~~~  ><((°>

 

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 17:20
Elytis collage1Odysseas Elytis : collage


Pas plus tard qu’hier, en lisant Autoportraits d’Odysseas Elytis, j’ai trouvé un passage sur la grécité que je vous livre. C’est la deuxième fois qu’à travers Fata Morgana (la maison d’édition - la fata morgana est aussi le nom donné aux mirages qui apparaissent en mer) j’entrevois la notion de grécité qui m’intrigue. Je l’entends comme une question. Une question sur l’histoire (quelle est la continuité entre la Grèce antique et celle d’aujourd’hui ?). La première fois que j’étais en Grèce, j’étais adolescente, et tout me semblait épars : les ruines, les mythes, les grecs modernes. Souvent, lorsqu’on va en Grèce la première fois, on cherche les traces de l’histoire, le nez collé aux livres. On se rue sur les ruines, on court après toutes les empreintes physiques de ces dieux et de ces héros dont on a lu les aventures, on veut entendre parler Socrate… et on trouve la Grèce, c’est-à-dire quelque chose dans l’air qui semble appartenir au non-dit, il faut du temps pour le percevoir. Quand j’ai lu le passage qui suit (comme en lisant Y. Ritsos) j’ai eu l’impression de sentir un peu ce que j’avais ressenti lorsque j'étais allée la deuxième fois en Grèce, à l’âge adulte : le non-dit lié à une évidence. La simplicité est l’aboutissement de toute construction humaine, alors que l’on croit souvent qu’elle est le début de quelque chose.

Je me souviens du portrait du touriste occidental, un américain joué par Jules Dassin dans son film Jamais le dimanche (Ποτέ την κυριακή), choqué par les propos d’une prostituée grecque (Mélina Mercouri) apparemment imperméable aux philosophes et ne semblant pas comprendre les tragédiens. La grécité était perdue selon cet occidental laborieux, très soucieux d’authenticité et de fidélité aux origines. Il lui donnait des leçons sur cette culture qu’il croyait noyée dans la Grèce contemporaine, et à jamais perdue. En fait, cette prostituée tutoyait quotidiennement les philosophes, sans pose, sans gravité apparente, sans prétention surtout, et peut-être sans le savoir.

Les auteurs grecs contemporains ont recherché une définition de la grécité surtout quand il s’est agi de la défendre contre les nationalistes racistes qui se sont appropriés la « pureté » pour discriminer, pour aboyer, mordre et tuer.

Tout comme Yannis Ritsos dans son long poème « Grécité », Odysseas Elytis dévoile en partie ici sa permanence.

 

Aux yeux de beaucoup, mon attachement à la grécité d’une part et à un mouvement moderne révolutionnaire d’autre part semblait relever d’une contradiction. Mais au fond il n’en était rien. Notre réflexion à ce sujet reçut une aide inattendue du fait qu’au moment même – ainsi que je l’ai expliqué ailleurs – où nous cherchions à définir le véritable contour du visage de la Grèce, en le débarrassant des altérations apportées par la Renaissance, ce furent les héritiers même de cette Renaissance qui en ont dévoyé le message culturel. Nous pûmes ainsi mieux voir ce qu’était notre véritable identité. Voilà ce qu’il faut bien comprendre. Ce que nous admirons dans l’art grec à son apogée, ce n’est pas ce qui fut ensuite copié par les occidentaux avec les colonnes et les métopes de leurs palais royaux. C’est au contraire exclusivement dans la culture populaire que s’est maintenue et qu’a duré la grécité, en tant que manière de voir et de faire les choses. Je veux dire par là que la cour d’une maison avec ses escaliers de pierre, ses murs blanchis à la chaux et ses géraniums dans un seau en fer blanc, ou encore le jardin d’un monastère avec son puits, ses cellules et ses arcades, sont beaucoup plus proches de l’esprit qui a engendré les statues des Apollons et des Victoires ou les icônes des Madones et des Saints, que celui qui animait les scènes pastorales ou les roses angelots des Maîtres de la Renaissance.

 
Extrait d’Autoportrait en langue parlée in Autoportraits, Fata Morgana, 2002, traduit dans ce passage par Béatrice Stellio-Connolly, p.48-49. Le texte original daterait de 1980 (ce n’est pas indiqué dans mon exemplaire).

 


Commentaires, corrections et informations sont bienvenus.

 

Voir aussi sur ce blog :  Y. Ritsos : Ne pleure pas sur la Grèce *Τη ρωμιοσύνη μην την κλαις

                                Yannis Ritsos : Grécité * Ρωμιοσύνη -Romiosini (extrait)
                                Les poèmes d'Odysseas Elytis (plusieurs pages dans cette série)
                                Το παράπoνο * la complainte
                                Τα τζιτζίκια * les Cigales
                                Η νεφέλη * La Nuée

                                Le centenaire d'Odysseas Elytis                             

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 16:41

Quand je prends le bateau à Igoumenitsa, ce n’est pas pour revenir de mon voyage en Grèce, c’est parce que j’aime prendre le bateau.

Mais je ne ressens pas cette croisière comme à l’aller.

L’aller c’est un élan :  φεύγω! Je vais changer de vie pendant un mois. J’ai la chance d’avoir tout ce temps. Je rencontre des gens sur le bateau avec qui je discute. Une sorte d’euphorie me saisit, le bateau quitte le quai, je vole au-dessus de la mer. Une traînée d’écume s’effiloche comme le foulard des adieux.


Le retour est une tragédie.

Ne riez pas.

Je m’en veux de ne pas contrôler cette douleur. J’essaie toujours de me convaincre que je me trompe, que jamais je ne pourrais vivre en Grèce. Je régresse malgré les injonctions que je m’adresse : c’est une illusion, j’étais en vacances, j’étais une touriste.

Chaque année, la veille du départ, il me pousse des racines plus solides qui retiennent mes pas. La première année, j’ai eu une entorse, légère. L’année dernière, j’ai perdu mon appareil photo. Tous les ans, j’ai une crise de larmes sur le quai et la désagréable sensation d’une bouillabaisse de l’entre-deux. Cette année, j’ai été prise de vomissements, la nuit suivante, j’ai fait une insomnie. Quand je me suis endormie, j’ai fait un cauchemar : une française me demandait son chemin en Grèce. Je me retournais pour le lui indiquer mais elle était invisible, je ne la trouvais pas, et brusquement le visage blanc ectoplasmique d’une autre femme –elle était grecque- apparaissait en grimaçant, pleurant mon départ en hurlant, un peu comme si je mourrais sous ses yeux impuissants. Je me suis réveillée imprégnée de terreur et de tristesse.

J’ai essayé de rationaliser, de me moquer : quel inconscient prétentieux, refaire le mythe d’Orphée !
   

When I take the boat in Igoumenitsa, it’s not to come back from my trip in Greece, it’s because I like to take the boat.

But I don’t feel the same during this cruise as during the coming.

The coming is a jump:  φεύγω! I will change my life during one month. I am lucky to have all this time. I meet people on the boat with whom I am talking. A sort of euphoria takes me, the boat leaves the wharf, I fly over the sea. A trail of meerschaum ravels out like the goodbyes’ scarf.


The coming back is a tragedy.

Don’t laugh.

I feel guilty not to find the way to control this pain.

I always try to convince myself that I am wrong, that I could never live in Greece. I regress in spite of the orders I give to myself: it’s an illusion, I was on holidays, I was a tourist.

Every year, the day before the departure, roots are growing in me more solidly, that prevent my steps from going away. The first year, I twisted my foot, lightly. Last year, I lost my camera. Every year, I burst into tears on the wharf with the unpleasant sensation of a between the two bouillabaisse.

This year, I vomited, the following night, I had an insomnia. When I went back to sleep, I had a nightmare : a french woman was asking me her way in Greece. I turned face to her to help her but coulnd’t find her, she was invisible, and suddenly, the ectoplasmic white face of an other woman –she was Greek- appeared grimacing, crying about my departure in shouts, as if I was dying under her unpowerfull eyes. I woke up full of terror and sadness.

I tried to rationalize this, to laugh at it : how pretentious is my inconscient to play back the myth of Orpheus !
 

Ensuite commence le travail de réadaptation. Il faut d’abord se bercer d’illusions : j’habite la France, 6e puissance mondiale !!

Mais ça ne marche pas, ça ne va pas jusqu’au cœur, ça descend directement jusqu’à l’estomac pour remonter avec le dégoût : je ne vis pas pour être la première quelque part ou pour vivre avec les premiers. Je l’ai fait, j’ai déjà été première, j’ai déjà vécu avec les premiers. C’est vain. C’est provisoire. Ça s’oublie vite. C’est du susucre à sa mémère. Avant l’au-delà, les premiers sont déjà les derniers, esclaves de leur place.

J’ai besoin du parfum enveloppant des figuiers et des daphnés, de l’odeur savonneuse des pins, de cet air doux qui caresse, du soleil. J’ai besoin du regard droit des Grecs, sans faux-semblants (sauf celui des bourgeois peut-être, qui, de loin, ressemblent beaucoup aux Parisiens). Entendre leur langue douce et percutante. J’ai besoin de bouzouki, d’un peu d’Orient dans ma tasse de café.

J’ai besoin des montagnes qui plongent dans la mer, des vues panoramiques, de ce regard entier sur le monde, sans fordisme intellectuel, sans spécialisation.

J’ai besoin d’inhaler les embruns, voir les flots frapper la roche inlassablement. Un ciel pur, vraiment bleu, des paroles nettes, sans ambiguïté, j’ai besoin d’honnêteté. Et d’un peu de mystère aussi… J’ai besoin de sentir qu’il y a une solution à tous les problèmes, avec enthousiasme, et non comme si c’était une menace de mort –à Paris un problème devient une menace de mort-, la chercher cette solution, et si ma foi, on n’en trouve pas, tant pis ! D’un geste qui s’en remet à Dieu.

Sentir que l’entraide, c’est normal, quotidien, une gentillesse comme innée, sentir que l’intérêt pour l’autre n’est ni forcé, ni une vertu exceptionnelle. J’ai besoin de générosité. La confiance et non la défiance systématique. La motivation et non la compétition.

Bien sûr, il arrive que les Grecs soient méfiants. Les Noirs et les Slaves sentent un blocage quand ils se posent et deviennent le voisin. Mais ça passe, le naturel altruiste reprend le dessus. La Grèce a toujours été une terre de passage, de brassages entre l’Orient et l’Occident. Et puis, il n’y a pas d’esprit de bande, de gang comme en France.

 

Then begins the work of readjustment. It needs first to delude oneself : I live in France, the 6th power of the world !!

But it doesn’t work, it doesn’t go to the heart, it goes directly down to the stomach and comes back up with disgust : I don’t live to be the first somewhere or to live with the leaders. I have already lived that, I have already been the first, I have already lived with the leaders. It’s vain. It’s temporary. You forget it fast. It’s sugar for dogs. Before being in the next world, the first are already the last, they are slave to their position.

I need the perfume of the fig tree and of the daphnes closing in on me, the soap odour of the pines, the sweet caressing air, the sun. I need the straight look of the Greeks, without feint (except the bourgeois, perhaps, who, from a certain distance, look like parisians). Listening to their sweet and percussive language. I need bouzouki, a little of Orient in my cup of coffee.

I need mountains diving into the sea, panoramas, the entire look on the world, without intellectual fordism, without specialization.

I need to inhale the spindrifts, to see the flows hitting the rocks untiringly. A pure sky, really blue, clear words, without ambiguity, I need honesty. And a little of mystery too... I need to feel that there is a solution to all problems, with enthousiasm, and not as if it was a threaten of death –in Paris a problem becomes a threaten of death-, find the solution, and if, oh god, we don’t find it, never mind ! with a wave that relies to God.

Feeling mutual aid, it’s normal, daily, an inborn kindness, feeling that interest for the other one is nor forced, nor an exceptional virtue. I need generosity. Trust and not systematic mistrust. Motivation and not competition.

Of course, sometimes Greeks are suspicious. Black and slave people feel a block when they settle down and become the neighbour. But it doesn’t last, the natural altruism gets over it. Greece has always been a land of passage, of melting Eastern and Western. And there is no spirit of gangs, like in France.

L’arrivée à Venise est une transition réconfortante et colorée avant Paris.

The arrival in Venice is a sort of comforting and coloured transition before being back to Paris.
 

Sur le bateau je me donne des raisons de revenir : Paris, la place Dauphine, le parfum des feuilles mortes en septembre.

Mais c’est fini ça !

Les fantômes des ancêtres qui ont bercé mon enfance ont disparu, ils ont fui, et leurs enfants ont cédé. Pour pouvoir garder leur place, conserver leur confort. C’est devenu rare d’entendre un autre discours que le discours dominant.

En Grèce, mon niveau de langue ne me permet pas de comprendre ceux qui dirigent et lorsque l’on m’explique en Anglais, je comprends que la pression sur les classes moyennes et pauvres est moins violente qu’en France. La parole semble moins fardée, la démocratie plus réelle contrairement aux apparences. C’est une impression, je sais. A Paris, c’est la technique du maquillage qui compte. On maquille lourdement, avec plusieurs couches. Ça forme un masque rigide.

Dans la rue, le jour de mon retour à Paris, j’avais si bien réussi à oublier la mentalité parisienne que je souriais dans la rue. J'ai bien failli me faire mordre. Comme si un sourire était une violence. Les gens sont malheureux à Paris. Et plus ils font semblant d’être heureux, plus ils sont malheureux. Le décor est beau, mais les cafards grouillent le long des murs. Le ciel est blanc. On ne s’échappe pas.
 

On the boat I give myself reasons to come back : Paris, Dauphine’s square, the perfume of dead leaves in september.

But all of that is finished !

The ghosts of the ancestors who have rocked my childhood have disappeared, they ran away and their children have given up. To keep their position, to keep their comfort. It has become rare to hear other speech than the dominating speech.

In Greece, my level in Greek don’t permit me to understand the leaders and when someone explains to me the situation in english, I understand that the pressure on the middle and the low class is not such violent as it is in France. The words seem to be less hidden, the democracy more real despite the appearences. It’s an impression, I know. In Paris, it’s the make up technic which counts. It’s a heavy make up, with several coats. It makes a stiff mask.

In the streets, the day when I was back in Paris, I had managed to forget parisians mentality so well that I smiled in the streets. I was about to be bitten. As if a smile was a violence to some. People are unhappy in Paris. And the more they do as if they were happy, the more they are unhappy. The scenery is beautiful, but the cockroaches are running along the walls. The sky is white. You can’t escape.

Le métro grec est payant contrairement aux apparences, les composteurs sont discrètement surveillés. Pas de barrières métalliques automatiques pour vous couper un bras ou une jambe si vous ne payez pas ou pour vous gifler si vous ne passez pas assez rapidement, comme on a la « chance » d’avoir à Paris.

The Greek metro (subway) is not free, despite the appearences, the ticket punchers are discretly controlled. No automatic metallic gate to cut an arm or a leg if ever you don’t pay, or to slam your face if ever you are not quick enough passing through the gate, that we are “so lucky” to have in Paris.
 

Il faut aussi que je m’adapte au bruit assourdissant. Pourtant, j’aime le bruit des villes, cet orchestre, c’est ce qui me fait oublier le minéral et l’herbe qui me manque.

Il faut que je m’habitue aux puanteurs, à tousser, à croiser des visages maladifs.

J’aurai pour me redonner des couleurs à l’âme les théâtres, les cinémas, les musées et les bibliothèques. Mais dis donc, c’est de plus en plus cher…

Je vais réapprendre à mordre, à survivre dans la jungle d’asphalte et de béton. Ce sera dur, à nouveau, de communiquer, de se déplacer, de se faire entendre, d’éviter la publicité partout sur les murs, à la radio, au téléphone, de s’obliger tous les jours à avoir un geste et de l’amour pour son Entreprise. Il va falloir à nouveau renoncer à vouloir améliorer cette Entreprise puisqu’elle est trop grosse, elle ne veut pas entendre. Avancer avec des œillères.

Je ne travaille pas dans la routine. La routine est impossible dans mon métier. J’aime beaucoup ce métier mais la violence y est permanente, avec de rares possibilités de prendre du recul, au calme.

Ce n’est pas aussi violent en Grèce. La civilisation y perdure.

Je vais donc prendre un masque à oxygène, garder contact, grâce aux livres, à la musique et à Internet, avec la Grèce.

Je prépare lentement le jour où j’y resterai.

 

I have to adapt too to the deafening noise. Though, I like the noise of the city, this orchestra, it makes me forget the mineral and the grass I miss.

I have to get used to the stinck, to caugh, to cross ill faces.

I will have, to paint my mind and my mood, the theaters, the cinemas, the museums and the libraries. But, eh, it costs more and more money...

I will learn again how to bite, how to survive in a jungle made of asphalt and concrete. It will be hard, again, to communicate, to move, to make oneself heard, to avoid commercials on the walls, on the radio, on the phone, to oblige oneself to love and give to the Enterprise everyday. It needs to forget again that you can’t improve the Enterpise because it’s too big, too fat, it doesn’t want to listen. Walking with blinkers.

I don’t have a boring job. Routine is impossible in my job. I like it very much but violence is permanent, with rare possibilities to take a distance with things, quietly.

It’s not as violent as here in Greece. Civilization is still going on in this country.


So, I will take my oxygen mask, keep in contact, thanks to the books, to the music and to internet, with Greece.

I am preparing the day when I will stay there.
 
Alkinoos Ioannidis :  Ο δρόμος σου είσαι εσύ
(O dromos sou ise esi, Your road is yourself)

video de credibilis

  *

Les photos de cet article sont les miennes.
Commentaires et critiques sont bienvenus.
  The photographs of this article are mine.
Critics and comments are welcome.

                                               
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 18:07
хорошо !* Je ne comprends pas encore très bien le Grec, il est donc encore temps de dire ce que j’entends.

Le Grec est une langue douce comme celle du chat (« miaou » ou si vous préférez « milao »), aux vibrations réjouies (« zoiiiii »).

Avec des percussions qui frissonnent comme les cymbales (Qui ça ? Kiss ass! Ki sas !), ou de manière plus feutrée et glissante comme un serpent à sonnettes: « a kiss is a kiss as kisses », ou  encore comme les maracas des cigales «tzitziki tzitziki» par temps sec, «tzatziki tzatziki» entre midi et deux.

Avec des percussions qui claquent comme des portes, packs à claques quand les papous pas à poux sont pas papas.

Il y a du vent qui s’engouffre entre les jambes du « χ » (prononcez « ch » comme le « ch » allemand dans « ich liebe dich ») : psssiii chiiii….

Il y a des tambours sourds, du djembé, d’autres résonnant comme un vibraphone, un balafon antillais : « downg, dwong » (on s’accorde) et « ga, ga, gamo ouné, gam ouné, guénika gamouné énandi ! ».

 

  Iannis Xénakis : Nuits


  * Ca c'est du Russe (halacho !) : bon !

  Cet article est publié sur Eklablog

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 19:16
bouzouki2-copie-1.JPGJ'avais remarqué que les Grecs s'animaient dès qu'ils entendaient trois notes de bouzouki. Comme une renaissance. J'étais vaguement agacée par cette espèce de nombrilisme culturel.
Seulement, pendant un an, je n'ai cessé d'écouter de la musique grecque.
Un jour de déprime, j'ai fait chanter l'ordinateur au hasard de youtube, et à l'instant même où j'ai entendu du bouzouki (sans connaître le morceau de musique), je me suis mise à rire toute seule, à crier "éla, éla", à chanter à tue-tête, ce qui était objectivement assez effrayant.
J'ai donc constaté que j'avais été conditionnée par le "virus bouzoukia".
Pour moi maintenant le bouzouki - comme l'accordéon français, comme le bandonéon argentin,  modulant la nostalgie vers la joie (l'énergie de vivre est toujours plus forte) -  est synonyme de fête.

Si vous êtes intéressé sociologiquement par les réflexes de Pavlov avec la musique, voyez en urgence Le Bal, d'Ettore Scola.

Mes réflexes allaient ordinairement à l'accordéon, c'est très français, et... très irlandais, très slave.
Donc c'est grec. N'est-ce pas Haroula ?
 
Χαρούλα Αλεξίου - Το κύμα
Haris Alexiou-
To Kima (la vague)
Video : Mazelaris

               
Mais.... j'ai toujours un peu de tristesse en écoutant Haroula. Haris Alexiou semble souvent dans le registre de la tragédie plus que de la comédie.
Mais... entendez-vous le bouzouki à la 2e et à la 3e minute de la video qui vient relever le moral des tripes? Le bouzouki, c'est la vague.
Souvent, la musique de H.A. est introduite et dominée par la guitare (elle compose elle-même ses chansons et elle est guitariste).

En fait, j'ai découvert la musique grecque récemment, de manière naturelle, logique avec mes goûts personnels.
Avant de l'écouter, je ne savais pas que j'en étais si proche. Adolescente, j'essayais juste d'imiter les vocalises de Cheb Mami (à chaque fois que je parlais  de Cheb Mami à des amis algériens, ils me disaient, levant les yeux au ciel, que les paroles étaient "nulles"- c'est bien de ne pas comprendre les paroles, parfois- les paroles sont celles qui correspondent au genre, sans doute), l'Orient soufflant sensuellement à mes oreilles.

Cheb Mami: Ben Bareh

Je la connaissais déjà peut-être un peu sans le savoir car j'en étais pétrie : les poètes-musiciens (Brassens, par exemple) ajoutés aux tonalités de l'Orient.... PAF! c'est Grec !
Le vent froid de la mer du Nord mêlé à la lueur rousse de la Méditerranée... paf... Enfin presque.

               
Mon  adolescence avait été juste bercée par la symbolique grecque - j'ai même lu grâce à la mythologie grecque.
L'évolution de mes goûts dans une mixture d'orient, d'occident, de musique africaine et ma soudaine découverte que les Grecs se situent là, exactement à la jonction de ces cultures musicales.... est-ce un hasard vraiment, si des grecs j'aime aussi la musique ?
Et de leur côté, est-ce un hasard s'ils continuent de respecter les voix envers et contre tout?

 
Le bouzouki
Ici Apopsé siopili (Silencieux ce soir),
musique de Vaso Alagianni.
Merci à
pouspoul (qui doit être le musicien qui joue-
Grégory Lazaridis?) pour cette video


Ne vous sentez pas visé par ce dernier titre et laissez des commentaires...

*****
Yorgos Dalaras est un chanteur célèbre en Grèce, joueur de bouzouki (entre autres).
La moindre des choses était de lui accorder une petite place ici, au moins en quelques lignes. J'ai découvert la musique grecque grâce à lui (et non pas grâce à Zorba le Grec, le film de M. Cacoyanis) en fouillant dans les bacs de la discothèque municipale des Halles, à Paris.
Le voici ici au manche de son bouzouki.

Σ' αγαπώ γιατί είσαι ωραία - S'agapo iati isai oraia
(I love you because you are beautiful -
English & turkish translation)

Dalaras and American jazz singer Jocelyn B. Smith,
accompanied by the Ossipov Russian Orchestra

video outis27

Vous trouverez également un commentaire sur Yorgos Dalaras sur le très intéressant Blog de Stéphane Dado.


Je ne résiste pas: ici, je mettrais bien ma chanson préférée de Dalaras - sans bouzouki, donc un peu hors sujet - (en attendant un autre article) :


En plus, cet enregistrement (2004) a eu lieu au théâtre d'Hérode Atticus d'Athènes. On voit un petit bout du Parthénon à un moment donné, avec la masse de pin noircie par la nuit... et l'évocation de leur odeur si forte le soir surgit tout à coup.

*****

Dans la video suivante, Nikos Dimitriadis joue de l'oud (luth), instrument dont la forme ressemble un peu au bouzouki mais la caisse de résonnance est plus grosse, le manche est plus court (et brisé à son sommet), les cordes sont plus épaisses et donc la sonorité est plus grave. 
                                                            

Chanson traditionnelle crétoise: Apoxeretismos (Thalassa)
paroles et musique de Kostas Mountakis

video : oudgr


Quelques liens (liste non exhausitive, bien sûr - vous pouvez en ajouter dans vos commentaires, merci) :
- Vangelis Trigas, un virtuose du bouzouki

- Eleni Cohen, une joueuse de bouzouki en France
- un groupe grec pour la dététracordisation du bouzouki (avec humour, ils militent pour le bouzouki à trois doubles cordes au lieu de quatre)
- Une interview (in english) de Mikis Theodorakis où il parle du bouzouki comme de l'instrument du peuple par excellence (premières minutes de la video).

How Greece caught me (part 5)
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 15:50

Photo tirée du film Odyssea d'Andrei Konchalovsky
Picture from
Odyssey by Andrei Konchalovsky.

 

Ah, Αχ ! J’apprends le Grec au rythme d’un escargot par temps sec, c’est-à-dire len-te-ment et parfois endormie recroquevillée au fond de ma coquille.

Alors que le soleil revient en France, je découvre que « Nefeli » n’est pas le nom d’une fleur.

J’ai chanté (approximativement) plusieurs fois les Nefelis en croyant que c’était des fleurs :

 

 

Ah, Αχ ! I am learning Greek like a snail by an arid day weather: slow-ly and sometimes asleep inside my shell.

Just when the sun is coming back in France, I discover that “Nefeli” is not the name of a flower.

I have (roughly) sung Nefelis believing that it was flowers:

Nefeli (paroles- lyrics : Odysseus Elytis / musique -music : Angelique Ionatos)
To tango tis nefelis (paroles- lyrics: Haris Alexiou / musique-music: Loreena McKennitt)

Non, les Nefelis que chantent si souvent les Grecs, c’est précisément ce que je voudrais voir disparaître du ciel parisien et qui est si rare dans le ciel des Hellènes en été : ce sont les nuages, en grec ancien.

C'est aussi un prénom féminin.
 

 

No, Nefelis sung by Greek people, are precisely what I would like to get rid of when I watch parisian sky, and which are so rare in Hellens' sky in summer: “clouds” in ancient greek.

It's also a feminine name.

J’envie ce bleu permanent de leur ciel fixé comme une plaque immuable et qui comme une colonne vous traverse pour vous enraciner les pieds en terre.

Il fait si chaud en Grèce que les nuages s’évaporent, tout comme les lignes baveuses des avions –réduits ici à de microscopiques mouches blanches-, alors que chez nous, ils gribouillent le ciel d’un quadrillage blanc persistant.

Avec un tel ciel, si sûr, si obstinément bleu, on comprend que les Grecs soient attachés avec confiance à leurs dieux, unique ou plusieurs.

 

 

I envy this permanent blue of their sky, settled like an unchanging slab and which, like a column, goes through you to root your feet in earth.

It’s so hot in Greece that the clouds evaporate, as well as the slobbering lines of the planes –reduced at micro white flies here-, and which in France, scribble the sky in a persisting white squared draw.

With such a secured sky, so obstinately blue, we understand that Greeks are attached to their gods with trust,  the one or severals.

Les Météores

La clarté de la lumière grecque, décrite par Odysseus Elytis, par Kazantzakis cette force découpe avec douceur les objets en soulignant nettement leur trait.

Ce n’est pas comme notre ciel inconstant, qui chougne, qui grogne, qui pleurniche incessamment, qui blanchit froidement, qui a le teint blafard, le front grisâtre : un ciel dépressif et malade.

Que voulez-vous construire avec un ciel pareil ?

La civilisation vient du Sud.

 

 

The lightness of the sun, sung by Odysseus Elytis, by Kazantzakis this strengh cuts with softness the objects giving them sharpness.

It’s not like our fickle sky, which is snivelling, bathed in tears like a hired mourner, which is grunting, which is coldly whitening, with its pallid complexion, its grayish forehead : a depressive and sick sky.

What could you build with such a sky?

Civilization comes from the South.

Non, nos nuages ne sont pas de jolis barbus ventrus.

Nos nuages voguent rarement seuls, ils ne s’égarent pas, ils avancent au son du tambour, comme de braves soldats, ils forment une milice offensive qui assiège le ciel « bas et lourd » vous dirait Baudelaire, ils viennent tyranniser notre espoir, ils viennent avec des crissements nous souffler que TOUT EST DIFFICILE.

Et le froid devient insidieux, grâce à leur camisole humide, il nous gèle et pénètre nos vêtements et notre chair jusqu’à l’os.

La nuit, les nuées, le brouillard cachent les monstres, Nephelè engendra les centaures.

 

 

No, our clouds are not handsome bearded potbellied shapes.

Our clouds are weaving rarely alone, they are not bewildered, they flow in rythm with the drums, like brave soldiers, they compose an offensive militia which besiege the sky “heavy and low” as Baudelaire would tell you, they come to tyrannize your hope, they come with grindings to whisper to your ear that EVERYTHING IS DIFFICULT.

And coldness becomes insidious, thanks to their wet straight-jacket, it freezes us and penetrate our clothes and our flesh until bones.

At night, smog, fog hide monsters, Nephele begot the centaurs.

 

Fuck, they recognized me !

Parfois, nous aimions la pluie, à l’époque où les chanteurs français avaient une voix et un chant.

Nous aimions celle de Nantes, celle de Brest, « rappelle-toi, Barbara », lorsque tu écoutais la pluie tomber en attendant Pierre : « et j’entends le clapotis du bassin qui se remplit, Oh mon Dieu que c’est joli, la pluie… ».

 

 

Sometimes, we liked rain,  when French singers had a voice and a melodic line.

We used to like the rain of  Nantes,  the one of Brest, “rappelle-toi Barbara” (“remember Barbara”), when you were listening to the raindrops, waiting for Pierre : « et j’entends le clapotis du bassin qui se remplit, Oh mon Dieu que c’est joli, la pluie… » (“and I hear the lap of the filling pound, God, how lovely is the rain...”).

 
  Pierre
Les Nefelis grecs, ceux qui descendent le matin de la montagne sur le village d’Olympos de l’île de Karpathos, les Nefelis grecs, comme la rosée rafraîchissante, m’ont fait sortir de ma coquille craquelée par la sécheresse et mes antennes se tendent tendrement : je veux bien regarder les fleurs de coton blanc qui bombinent dans le ciel parisien, mais je me languis de toi, ô ellenikos ouranos !     Greek Nefelis, the ones that go down in the morning from the mountain on the village of Olympos in Karpathos island, greek Nefelis, like the refreshing dew, made me going out of my shell crackled by the dryness and my feelers are tenderly stretching out : I will watch the white cotton flowers bouncing in the parisian sky, but I miss you, ô ellenikos ouranos !
                                     
Haris Alexiou : Tango tis nefelis
Χάρις Αλεξίου : Το τάνγο της νεφέλης

Dans cette video, les Nefelis font sortir les crapauds que la princesse de scène embrasse avec tendresse.
In this video, Nefelis attract frogs that the princess of the scene tenderly kisses.

 


Voir aussi dans ce blog, le poème d'Odysseas Elytis tiré de Marie des Brumes et mis en musique par Angelique Ionatos :
Odysseas Elytis : Η νεφέλη - La Nuée -


Pour ceux qui sont amoureux des nuages voici deux liens bien douillets :
un article de "langue, sauce piquante"
et
http://coucouville.blogspot.com/

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 15:36


I remember the park beside with the pines and their very long light green thorns : these pines smell like soap, especially when it's hot, the odour fill your breathe.


 

                  Here, you see, and as often when you are at the top of greek theaters, the nature around seems to be the jewels case of the theater.

When I was in Athens, I booked a ticket to see a play at night in the theater of Epidavros (between 14.000 and 15.000 seats).   It was an Aristophanes' play that I didn't know. Even if I didn't understand a word because it was all in greek (I am not good enough in that language to understand a play), the comic of the stage and of the characters helped me and I laughed. Some people around me explained some things to lead me laughing with them.

The scenery was made of big paintings of pinus.

The costums (with the masks) were roughly modeled on antic ones. Some actors were wearing t-shirts with a big pinus on it.



So... easy to understand that


the pinus

was

the

center

of

the play.


But well, the name of the play is "Eκκλησιαζουδες" = The Assembly of women".

It's a critic of the new administration of Athens at the time of Aristophanes. Women change the rules of the City while men are still sleeping, to save the world...

Acteurs1

Aristophane :
Ecclesiazusae

(L'Assemblée des femmes),
 directed by Philip Hedley

                            
   
 
   
 
   
 

History of ancient greek th
eater: 
 
                            
 
Don't ever kill a goat, it will shout bring out a tragedy! Litteraly tragedy means "the song of the goat" : τράγος-tragos: goat, ωδή-odi : ode. A goat was sacrified before the beginning of each theater performance for Dionysos, god of wine and extacy.
 
In Spanish "tragos dia" is a day drink (or a day for drinks) !
 
I prefer in Spanish, baaa!
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